Revenus publicitaires de Radio France : Pourquoi les radios privées sont en colère

Edison McCullen/wikimedia commons

Il y a d’un côté les radios privées comme Radio Classique et de l’autre, le service public de Radio France. Et le motif du bras de fer c’est le grisbi comme dirait Audiard. Le cœur du problème c’est que Radio France marche sur deux jambes de financement, elle a la redevance, qui est une recette garantie qui permet de se moquer de la conjoncture économique. Et de l’autre, ils ont en plus comme toutes les radios privées de la pub.

Les recettes publicitaires de Radio France ont été déplafonnées

Tant que Radio France avait juste un peu de publicité et que le montant total était plafonné, les radios privées étaient jalouses mais ne râlaient pas trop. Mais aujourd’hui rien ne va plus et c’est la guerre. Le scandale, vous diraient les radios privées, c’est que les recettes publicitaires de Radio France ont été discrètement déplafonnées. En volume, il n’y aura pas beaucoup plus de pub sur France Inter ou France Info, mais jusque-là la Maison Ronde n’avait pas le droit de récolter plus de 42 millions d’euros par an et elle cherchait surtout des annonceurs du monde associatif ou des causes d’intérêt général.

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Le service public financé par l’impôt ne devait pas venir piquer des annonceurs et des budgets au secteur privé qui lui n’a pas d’autres recettes. Mais l’équilibre a été rompu, aujourd’hui le service public peut aller chercher des annonceurs dans tous les secteurs et il peut dépasser les 42 millions de recettes. Alors forcément les radios privées trouvent cela injuste.

 

Peut-on parler de concurrence déloyale quand on augmente la publicité sur Radio France ?

On est dans une période de crise économique liée à la pandémie de coronavirus qui pèse sur les budgets publicitaires. On est aussi dans une mutation technologique qui pousse les annonceurs à aller de plus en plus vers le digital. Pour les radios privées le contexte est difficile. On a limité la publicité à la télévision sur le service public le soir mais on augmente la pub sur la radio d’Etat, c’est incontestablement une forme de concurrence déloyale.

 

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Dans certains pays il n’y pas de service public audiovisuel. Dans d’autres, il y en a mais le service public n’a pas de publicité. En France, on a un service public très puissant, très favorisé et qui en plus bénéficie de publicités et à qui on lâche aujourd’hui la bride… Si on disait demain qu’on va prendre l’argent de la redevance pour financer les médias privés, on trouverait ça scandaleux. Aujourd’hui c’est un peu pile tu gagnes, face je perds… je comprends que les radios privées soient énervées.

David Barroux