La publicité appelée à faire sa transition écologique

Le secteur de la publicité est appelé à mieux prendre en compte les problématiques environnementales. Deux rapports ont été présentés la semaine dernière, dont l’un avait été commandé par le ministère de la Transition écologique.

 

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Baptiste Gaborit:

Le rapport, remis à Elisabeth Borne, préconise la création d’un visuel sur les émissions de gaz carboniques de certains produits.  

Un rapport, remis aux ministres Elisabeth Borne et Brune Poirson, s’interroge sur l’impact direct et indirect de la publicité sur l’environnement. Le secteur doit devenir un acteur de la transition écologique. « La publicité oriente les comportements, déplore Géraud Guibert, l’un des deux auteurs du rapport, conseiller maître à la Cour des comptes et président du think tank La fabrique écologiqueAujourd’hui, vous avez le droit de faire une publicité pour une voiture avec une seule personne qui conduit ».

 

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« Il est clair qu’il serait important que les publicitaires, dorénavant, soient obligés d’y mettre quatre personnes ». Alors que le secteur a fait beaucoup d’effort pour traiter la représentation des genres. Le même effort doit être fait sur le climat. Le rapport préconise notamment la mise en place d’un visuel représentant les barèmes publics déjà existants et qui évaluent les émissions de gaz carboniques d’un certain nombre de produits.  

 

 

« Par exemple dans le secteur automobile, vous avez des bonus-malus. Il serait tout à fait utile que les publicitaires soient obligés d’avoir une représentation visuelle de cette caractéristique, pour que les consommateurs soient conscients quand ils achètent une voiture avec malus ». 

 

Le rapport Big Corpo recommande de taxer la publicité pour réduire la surconsommation

Un autre rapport, publié lui aussi la semaine dernière, propose d’aller plus loin, avec une mesure phare : étendre la loi Evin au climat. En clair, interdire les publicités sur les produits les plus polluants. « Il paraît naturel à chacun que la publicité ne puisse plus porter sur le tabac, alors qu’il est commercialisé. Pour aucun autre produit, c’est possible », regrette Renaud Fossard, le coordonateur du rapport Big Corpo, rédigé avec 22 associations et des universitaires.

 

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« Nous, on dit non pour les 4×4 de ville, pour les produits de mauvaises qualités nutritionnelles, pour le fast fashion… Il y a des produits pour laquelle la consommation de masse pose un véritable problème écologique ou de santé publique et qui ne doivent plus faire l’objet de promotions »De façon générale, les auteurs du rapport proposent de taxer la publicité pour en réduire le nombre et donc, selon eux, la surconsommation.

 

Pour le syndicat des agences de communication, « à partir du moment où des produits sont autorisés », il n’y a pas de raisons d’en interdire la publicité 

Alors du côté des professionnels, la transition est en cours, assure Gildas Bonnel, président de la commission RSE du syndicat professionnel des agences de communication. Les deux rapports sont, selon lui, très intéressants et documentés. Mais il ne comprend pas le débat sur l’interdiction de certains produits. « A partir du moment où des produits sont autorisés sur le marché, il me paraît logique que l’entreprise ait le droit de faire connaître son offre par rapport à ses concurrents », explique-t-il.

 

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« Or, à chaque fois, on se retrouve devant le même débat. S’il y a un problème avec les S.U.V., prenons la décision de savoir quelle cylindrée est autorisée sur le territoire français et on y verra clair »Ce sujet, on devrait vite en reparler. C’était un des thèmes de la Convention citoyenne pour le climat, qui rend ses conclusions le weekend prochain.

 

Baptiste Gaborit

 

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