Restitution de 26 œuvres d’art au Bénin : « en Afrique, les gens veulent connaître leur Histoire »

JP Dalbéra/flickr Statues du palais royal d'Abomey

26 œuvres d’art du musée du Quai Branly seront restituées bientôt au Benin. Ces œuvres sont en France depuis un siècle. Emmanuel Macron sera aujourd’hui au musée, aux commandes d’une cérémonie officielle de restitution. Ces œuvres sont des prises de guerre de la France coloniale dont le président de la République avait promis le retour en 2017.

Les œuvres sont encore visibles au musée du Quai Branly jusqu’au 31 octobre

Selon des experts, 85 à 90% du patrimoine africain serait hors du continent, leur retour est enjeu diplomatique et culturel de premier plan pour les deux pays. Abdoulaye Imorou gère le site du Palais Royal D’Abomey qui accueillera les œuvres, « les Béninois seront stupéfaits ».  L’histoire du Royaume Danhomey en guerre contre la France coloniale dans les années 1890 est enseignée dans les écoles au Bénin et bientôt les élèves pourront en voir les traces et les trésors. Selon Calixte Biah, conservateur du musée d’histoire de Ouidah au Bénin : « ces œuvres qui arrivent constituent déjà un support de l’identité historique de notre pays ». Une partie de ces œuvres a déjà été montrée à Cotonou.

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En 2006, pendant 3 mois à la Fondation Zinsou présidée par Marie-Cécile Zinsou, « 275 000 personnes sont venues voir ces œuvres, cela crée un immense enthousiasme. En Afrique comme partout ailleurs, les gens veulent connaître leur histoire en ayant accès à leur patrimoine. Il semblerait que les prochaines années soient décisives sur le dialogue entre l’Afrique et l’Europe sur ces questions-ci » dit-elle. Les Béninois devront attendre le mois de janvier avant de redécouvrir cette partie de leur histoire. Le temps que les 26 œuvres s’acclimatent de nouveau à l’air du pays. Avant de retourner au Bénin, les œuvres sont encore visibles cette semaine au musée du Quai Branly jusqu’au 31 octobre.

Emmanuel Macron : avant son discours de 2017 il était inimaginable que des œuvres quittent le pays

De nombreux pays d’Europe sont confrontés à la même situation. Au cœur de l’été dernier, la Belgique a pris une décision historique : « les objets qui ont été acquis de façon illégitime par nos ancêtres ne nous appartiennent pas. Ils appartiennent au peuple congolais », un vaste plan de restitution est alors entamé. L’université d’Aberdeen en Écosse a aussi annoncé le retour d’une œuvre nigériane. Une façon de se démarquer de sa sœur anglaise qui pour l’heure ne bouge pas d’un iota sur cette question. En Allemagne, le débat de la restitution des œuvres agite aussi le milieu universitaire. En France, jusqu’au discours d’Emmanuel Macron en 2017 il était inimaginable que des œuvres quittent le pays, le patrimoine français étant inaliénable et intouchable. Pour le Bénin il a fallu voter une loi d’exception. Du Sénégal au Tchad, six autres pays veulent récupérer des œuvres conservés dans des musées français.

Victoire Faure

Ecoutez le reportage de Victoire Faure au musée du Quai Branly :

 

Les précisions de Victoire Faure au sujet des autres pays européens :

 

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