Quotas de femmes à la direction des entreprises de plus de 1000 salariés : la loi examinée au Sénat

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Les sénateurs votent aujourd’hui pour instaurer des quotas de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises de plus de 1.000 salariés. La France est déjà très en avance en termes de féminisation des conseils d’administration, 10 ans après l’adoption de la loi Copé-Zimmermann qui impose une représentation équilibrée.

« Dans les instances dirigeantes, on est plutôt autour de 19 à 20% de femmes »

L’idée est d’aller plus loin que cette loi Copé-Zimmermann. Cette proposition de loi LREM pour « accélérer l’égalité économique et professionnelle » a déjà été votée à l’unanimité en mai à l’Assemblée Nationale. Le texte prévoit une proportion d’au moins 30% de femmes en 2027, et de 40% en 2030 dans les instances dirigeantes. Grâce au quota, les femmes occupent aujourd’hui 46% des sièges des conseils d’administration des entreprises, contre 12 %, il y a dix ans. Il faut donc poursuivre cette démarche explique Laurence Garnier, sénatrice LR, rapporteure de la loi, car cette féminisation n’a pas ruisselé : « dans les instances dirigeantes, on est plutôt autour de 19 à 20% de femmes, on peut toujours attendre que les choses se fassent naturellement, mais ça prendra beaucoup plus de temps ». Elle estime que les quotas ont fait la preuve de leur efficacité, mais cette féminisation demande un travail de fond.

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Gérald Karsenti, PDG de SAP France : « Il faut embaucher un peu plus de femmes que d’hommes, pour rattraper le retard ! »

La sénatrice explique qu’aujourd’hui dans les conseils d’administration, la place des femmes se fait par des nominations, de manière extérieure à l’entreprise. Or « ici on s’attaque véritablement au parcours professionnel des femmes à l’intérieur de l’entreprise », poursuit-elle, ajoutant que ces procédures nécessitent un travail à long terme. Il y a un vrai effort à faire dès l’embauche, avec la constitution d’un vivier de femmes pour Gérald Karsenti PDG de SAP France, entreprise numérique, qui compte plus de femmes que d’hommes dans ses instances dirigeantes : « Il faut embaucher un peu plus de femmes que d’hommes, pour rattraper le retard ! ». Il a également mis en place un coaching tourné vers les salariées, « pour leur donner toutes les chances de réussite ». En cas de non-respect de la loi, le texte prévoit que les entreprises s’exposent à une pénalité financière, plafonnée à 1% de la masse salariale. Les sénateurs devraient aussi approuver l’obligation faite aux entreprises de publier chaque année les écarts de représentation hommes-femmes.

Emilie Valès

Ecoutez le reportage d’Emilie Valès :

 

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