Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo sera officiellement candidate ce dimanche

OCDE/Flickr

C’est à Rouen dimanche qu’Anne Hidalgo se déclarera officiellement candidate à la présidentielle. Pour la gauche, c’est plutôt une confirmation qu’une clarification, car même si elle a feint de prendre le temps de mûrir sa décision, cela fait longtemps qu’il n’y avait aucun doute sur l’envie et la détermination d’Anne Hidalgo de se lancer dans cette bataille.

Anne Hidalgo est à 7 ou 8% de popularité dans les sondages

Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup d’alternative à Anne Hidalgo au parti socialiste. Il y a bien le maire du Mans Stéphane Le Foll, qui a tenté de s’insurger contre l’absence de véritable débat et d’une authentique procédure transparente au PS. Mais les jeux étaient faits d’avance, la solution Hidalgo s’est installée d’elle-même. Et enfin, histoire d’enlever tout suspense, avant même l’annonce de candidature proprement dite, on nous a fait l’annonce de l’annonce. Donc pas de surprise, la maire de Paris y va. La surprise maintenant serait qu’elle parvienne à changer la donne dans cette campagne présidentielle où, c’est le moins qu’on puisse dire, la gauche ne part pas favorite.

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Elle part à 7 ou 8 % dans les sondages, ce qui est très bas. Précisons que ce n’est pas un revers personnel d’Anne Hidalgo. Aucune autre personnalité socialiste ne ferait sans doute mieux, c’est juste le signe que le PS a été structurellement défait par la catastrophe de 2017 ; laquelle est elle-même la conséquence de la déroute du quinquennat de François Hollande. En revanche, il y a un vrai échec de la maire de Paris. Lorsqu’elle a imaginé sa candidature, elle voulait croire que son image écolo et que son action anti-voitures assumé dans la capitale, allaient lui permettre de réaliser la grande synthèse entre les socialistes et écologistes, synthèse à la fois politique et idéologique. Bref, elle se faisait fort de refonder une gauche nouvelle et conquérante. C’est cet espoir-là qui a été douché, et qui fait que la gauche part à la présidentielle en ordre dispersé et avec trois offres, non seulement concurrentes mais aussi équivalentes, ce qui empêche l’une d’entre elle de prendre clairement le leadership.

Emmanuel Macron a « fracturé » le pays, selon Anne Hidalgo

C’est au moins ça qu’Anne Hidalgo va devoir réussir : sortir en tête à gauche, devant Jean-Luc Mélenchon et celui ou celle qui remportera la primaire des Verts. Il faudra s’attendre de sa part à une campagne très anti-Macron. Sa cible, c’est le chef de l’Etat, c’est normal vous me direz, même si elle l’attaque plus sur sa manière de gouverner le pays – elle l’accuse d’avoir « fracturé » le pays – plus que sur le contenu de sa politique. Mais ce qui est intéressant c’est qu’au sein d’une gauche elle-même fracturée sur les plans idéologiques et culturels, elle porte un discours très républicain, très universaliste, à rebours de la culture woke et des penchants communautaristes d’une autre gauche et d’une grande partie des Verts. Elle tient ferme la boussole républicaine. Ce qui est une bonne nouvelle, mais ce qui ne lui permettra pas de fédérer toute la gauche.

Guillaume Tabard

 

 

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