Piano offert par une famille juive en 1944 : Une habitante de Haute-Loire veut retrouver les descendants

Mylène Bernhardt, a découvert, dans la maison familiale de Brives-Charensac (Haute-Loire), le piano qu’une famille juive avait offert à ses arrière-grands-parents pour les remercier de les avoir cachés pendant la Seconde guerre mondiale. Elle a lancé un appel sur Facebook pour retrouver les descendants de cette famille à qui elle souhaite remettre ce piano droit Rinaldi chargé d’histoire.

Le message de Mylène Bernhardt a été partagé plus de 37 000 fois en 2 semaines

Le 18 août, c’est une véritable « bouteille à la mer », selon ses propres mots, qu’a lancé Mylène Bernhardt sur son compte Facebook. Dans son message la jeune femme explique qu’en vidant la maison familiale à Brives-Charensac, en Haute-Loire, elle a découvert un vieux piano droit dont elle savait juste qu’il avait été offert à ses arrière-grands-parents par les membres d’une famille juive qu’ils ont cachés de 1942 à 1944. Ces derniers, qui fuyaient les rafles parisiennes, avaient débarqué avec leur piano à la gare de la petite commune, à 500 mètres de la maison de Marie et Pierre Bonnet qui les ont recueillis et abrités dans leur cave pendant 2 ans. À leur départ, pour remercier leurs bienfaiteurs, ils leur avaient offert l’instrument. Mylène Bernhardt souhaite désormais contacter les descendants de cette famille afin de leur remettre l’instrument s’ils le souhaitent.

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Un peu plus de 2 semaines après son post, le message de Mylène Bernhardt a déjà été partagé plus de 37 000 fois et a suscité plus de 3700 commentaires. Sur France 3, la jeune femme ne cache pas sa surprise devant le succès de sa démarche « J’étais loin de m’imaginer que ça allait prendre une telle ampleur quand j’ai posté ce message. Mon appel a même été partagé dans des groupes israéliens, américains, australiens (…) Plus ça circule, plus on a de chances de retrouver cette famille » a-t-elle déclaré.

L’institut Yad Vashem et le Mémorial de la Shoah se sont mobilisés

Malgré cette incroyable mobilisation, retrouver les descendants de cette famille ne sera pas une tâche aisée. Mylène Bernhardt sait seulement, par sa grand-mère, qui avait une dizaine d’années à l’époque, que cette famille se faisait appeler Pinguet, probablement un nom d’emprunt, qu’après son départ elle s’était dirigée vers Le Chambon-sur-Lignon et qu’elle avait envoyé une lettre après la guerre pour dire qu’ils étaient libres et vivants. Plusieurs associations, comme l’institut Yad Vashem, le Mémorial de la Shoah ou encore Musique et Spoliations (en lien avec la maison Rinaldi, le facteur du piano) se sont saisies de l’affaire et puis il y a tous ces témoignages de solidarité comme ce message d’un facteur de piano du Cantal qui s’engage à restaurer l’instrument gratuitement.

Philippe Gault

 

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