Pesticides et santé : L’Inserm ajoute 3 nouvelles maladies à sa liste

Le lien entre exposition aux pesticides et la survenue de certaines maladies se renforce encore un peu plus, selon la conclusion d’une étude majeure publiée la semaine dernière par l’INSERM, l’institut national de la santé et de la recherche médicale.

L’étude confirme une présomption forte de lien entre exposition aux pesticides et plusieurs types de cancers

Pendant 3 ans, une quinzaine de scientifiques de l’INSERM ont passé en revue les résultats de 5 300 études publiées ces dernières années sur l’exposition aux pesticides. Leur dernière expertise collective remontait à 2013. Or, ils ont identifié trois nouvelles maladies pour lesquelles il existe une présomption forte d’un lien avec une exposition professionnelle aux pesticides, pointant en particulier les agriculteurs. Xavier Coumoul, professeur de toxicologie à l’université de Paris et co-auteur de cette expertise, explique la relation entre les troubles cognitifs de l’adulte et les pesticides organophosphorés. Ainsi qu’un lien avec la bronchite chronique et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une grave maladie des poumons et des bronches.

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L’étude confirme, par ailleurs, une présomption forte de lien entre exposition aux pesticides et quatre autres pathologies. Tout d’abord, trois types de cancers : le cancer de la prostate, le lymphome non hodgkinien et le myélome multiple, puis la maladie de Parkinson.

L’INSERM confirme un lien entre l’exposition au glyphosate et le lymphome non hodgkinien

L’autre conclusion majeure de ce rapport réside dans la survenue de maladies chez les enfants des personnes les plus exposées. Les experts ont mis en évidence un lien entre l’exposition aux pesticides pendant la grossesse et les tumeurs du système nerveux central ainsi que les leucémies aigües. « Ce sont des résultats qui sont très inquiétants » souligne Xavier Coumoul. Pour les riverains des terres agricoles, le risque d’être atteint de la maladie de Parkinson a également été relevé, mais sur ce point la présomption est qualifiée de faible.

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Les experts de l’INSERM ne formulent pas de recommandations dans leur rapport. « Ce n’est ni notre métier, ni notre objectif » assurent-ils. Pourtant « on ne peut pas continuer de faire de l’agriculture de la même façon » estime François Veillerette, porte-parole de l’ONG Générations futures. Il poursuit en expliquant que ces conclusions doivent pousser le gouvernement à réduire l’usage des pesticides en France. Enfin, le rapport de l’INSERM confirme un lien entre l’exposition au glyphosate et le lymphome non hodgkinien. Le glyphosate dont l’autorisation de mise sur le marché doit être réévaluée en fin d’année prochaine par l’union européenne.

Baptiste Gaborit

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