Notre système éducatif est totalement dépassé et ne prépare pas nos enfants au monde qui s’annonce

La revue de presse du jour : Jack Ma et Elon Musk à Shanghai, la rentrée scolaire où la poursuite de la politique par d’autres moyens, les olympiades des métiers et Gabriel DJ, petit-fils de Sergei Prokofiev sur Radio Classique.

Notre système éducatif est totalement dépassé et ne prépare pas nos enfants au monde qui s’annonce

L’éducation fait la une de 1000 façons dans vos journaux et magazines, normal la prérentrée des profs c’est aujourd’hui, la rentrée de leur ministre c’était mercredi et celle des écoliers c’est la semaine prochaine, mais je vais commencer par citer la newsletter Times To Sign Of qui relatait hier une conférence qui vient de se tenir à Shanghai lors de la grande expo sur l’intelligence artificielle et les avancées de l’industrie, un débat au sommet entre deux des plus grands patrons du monde : le chinois Jack Ma fondateur du site Alibaba et l’américain Elon Musk le créateur de Tesla. Les deux hommes sont tombés d’accord : notre système éducatif est totalement dépassé et ne prépare pas nos enfants au monde qui s’annonce. Jack Ma et Elon Musk sont également convenus que la mémoire humaine ne tiendra pas la distance avec la puissance de calcul des machines, que l’interface entre ces machines et nos cerveaux rendra l’acquisition de connaissance instantanée, alors l’enjeu éducatif c’est quoi ? Pour Jack Ma il faut développer le cœur des enfants car c’est du cœur que vient la sagesse que non pas les ordinateurs quant à Elon Musk lui dit qu’il faut supprimer les cours c’est ce qu’il y a de pire…

On est très loin des soucis du ministre de l’éducation nationale

Il en a des cours à assurer et des classes à financer le ministre de l’éducation nationale. Il est à la une du Parisien Week-end, où il explique qu’il réformera jusqu’au bout, au bout de quoi on ne sait pas. A la une également du Figaro où face aux syndicats il tient sa ligne tout en misant sur le dialogue et en faisant de la politique. Si vous lisez bien et son interview du Parisien Week-end et le Figaro, vous vous apercevez que Blanquer le pragmatique fait beaucoup de politique : aux enseignants il promet que la retraite ne sera pas dévalorisée, aux élèves qui ont fait la grève du climat plus d’écologie, aux personnels des établissements il assure qu’il y aura des mesures pour lutter contre la violence à l’école. Bref, être ministre de l’éducation nationale en France c’est la poursuite de la politique par d’autres moyens. Et toujours avec cette volonté de dialogue et de sourire qu’analyse toujours finement Cécile Cornudet dans Les Echos. L’éditorialiste politique parle de la positive politique. C’est quoi la positive politique ? C’est la politique du sourire, du dialogue d’un exécutif qui fait le pari que la France optimiste veut tourner la page d’une année difficile. Et elle cite le premier Ministre Edouard Philippe qui parlait cet été d’une écologie souriante. Sourire c’est annoncer par exemple 300 euros pour les enseignants sauf que ces 300 euros destinés à calmer leur grogne, ils avaient déjà été annoncé par le gouvernement précédent. De quoi faire sourire moyennement les syndicats d’enseignants.

Tout quitter pour devenir prof

Tout quitter pour devenir prof. On croise de plus en plus d’enseignants venus à l’enseignement sur le tard, ils sont en quête de sens après une première vie professionnelle. Et vous serez surpris sans doute de lire le témoignage de Candice ancienne chimiste. Elle a perdu son job, et pendant 6 ans, elle a fait surveillante, pion pendant 6 ans puis elle a sauté le pas, elle est devenu prof de maths. Sa motivation, apporter quelque chose aux élèves, devenir la prof dont ils se souviendront, c’est joli non. Vous lirez aussi le témoignage de Julien 33 ans, lui il était community manager, et lui aussi nous parle de sens, la fameuse quête de sens, il a passé le CAPES de lettre et lui aussi est devenu prof mais il confie « j’ai jamais autant bossé de ma vie ». Ça n’empêche pas les désillusions ; comme Marion qui a quitté les médias parce qu’elle trouvait qu’elle n’avait pas le temps de s’intéresser au fond. Alors elle est devenue institutrice contractuelle. Eh bien ça n’a duré qu’un an. Déception.

La quête de sens dans l’éducation a des limites…

Et ça explique peut-être les déséquilibres du recrutement dans l’éducation nationale auxquels le Parisien-Aujourd’hui en France consacre une double page. Les hommes sont de moins en moins tenté par une carrière dans l’éducation. Ils sont si rare que les élèves parfois se trompe « Parfois les élèves m’appellent maman ou maîtresse » s’amuse Benoit instituteur et directeur d’école en haute-marne. Et figurez-vous que ça inquiète les chercheurs la surreprésentation des femmes à l’école, ça pourrait expliquer la crise du modèle masculin, la difficulté des petits garçons à trouver leur place. Vaste débat qui semble secondaire à la lecture de Valeurs actuelles qui cette semaine s’interroge sur l’efficacité de la politique Blanquer et fait l’inventaire catastrophiste des maux qui rongent notre système éducatif : insécurité, communautarisme, crise de l’autorité. Quels contre-modèle ? Faut-il aller les chercher dans les valeurs de transmission, de rigueur, d’ambition ? Une inquiétude entretenu par le Point qui cette semaine évoque les vrais danger des écrans. Dépression, décontraction, sommeil addiction tout y passe et on souhaite bon courage aux parents qui voudront séparer les enfants de leur téléphone portable en cette rentrée des classe. On lira pourtant dans le Point l’entretien avec la pédagogue Céline Alvarez, elle vient de publier une année pour tout changer et sa grande affaire c’est le développement des fonctions exécutives, les fonctions exécutives c’est celles qui permettent à l’humain d’être autonome, de se contrôler, d’être responsable et d’avoir un comportement ordonné. Les expérimentations montrent que ça marche. Ce qui m’amène à vous parler du travail manuel et de l’intelligence de la main.

La France vient de remporter 27 médailles lors des Olympiades des métiers qui viennent de s’achever en Russie

La France vient de remporter 27 médailles lors de cette compétition qui vient d’avoir lieu à Kazan et qui vise à valoriser les métiers manuels et technique. Ces Olympiades des métiers ce sont 1600 jeunes tous âgés de moins de 23 ans. Ils viennent de tous les pays et ont une spécialité de haut niveau en menuiserie, technologie automobile, cuisine, mécanique, pâtisserie, soins esthétique, le carrelage. Mais attention, cette rencontre mondiale c’est pas une kermesse de quartier : ouverte par l’ancien président Dimitri Medvedv, 45000 personnes, 3500 bénévoles, les familles qui font le déplacement, les chinois qui sont là en embuscade et qui copient tout et qui débauchent nos meilleurs ouvriers de France. Lisez le papier du Figaro, vous verrez que les jeunes qui exercent un boulot manuel de haut niveau ils n’ont pas de problème de fonctions exécutives ou de concentration.

 

 

Gabril Prokofiev : un Dj talentueux hanté par la mémoire de son grand-père

On reste en Russie, on tourne la page du Figaro sur les olympiades des métiers et on tombe sur un portrait génial, celui du portrait de Gabril Prokofiev, c’est le petit fils du compositeur Sergeui Prokofiev. Un Dj talentueux hanté par la mémoire de son grand-père. Il a 44 ans, il est né à Londres et en 2003 il a lancé son propre label et ouvert un night Club. Moi ça me fascine de voir comment les choses se transmettent, entre l’école, la culture, le travail manuel et l’hérédité. Mais ce portrait de Gabril Prokofiev montre comment avec un aïeul aussi illustre, peu a peu Gabril s’est décomplexé et a assumé sa vocation de composteur et de DJ et un passé familial assez lourd sous la dictature soviétique. A 13 ans il compose ses premières pièces classique pour piano, à 16 ans il découvre la direction d’orchestre, dévore les partitions de son grand père et puis peu à peu il va marier deux passions, l’inné et l’acquis, le classique russe, et l’électro. C’est dans cet esprit qu’est né le concerto pour platine de 2007.

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