Netflix dépasse 200 millions d’abonnés : une stratégie simple qui ne masque pas les faiblesses

Netflix, qui compte maintenant plus de 200 millions d’abonnés dans le monde arrive à combiner deux choses. La taille et la croissance. En général, plus on devient gros dans le monde des affaires, plus on a du mal à croître. Netflix est très gros, et pourtant encore en forte croissance puisqu’il a recruté 36 millions de nouveaux clients en 2020. Soit un million d’abonnés en plus tous les 10 jours ou environ un de plus à chaque seconde.

Lupin avec Omar Sy est numéro 1 aux Etats-Unis

Netflix a été bien aidé par les confinements un peu partout dans le monde mais la performance reste remarquable. Jamais Netflix n’avait recruté autant d’abonnés en une année et il a doublé de taille en moins de trois ans. On ne change pas fondamentalement une recette qui marche aussi bien. La stratégie de Netflix reste simple : être le champion du monde de la série de vidéo à la demande. La plateforme proposait des séries produites au départ pour d’autres. Elle recyclait surtout et se différenciait par la profusion de l’offre.

 

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Aujourd’hui Netflix a mis l’accent sur la nouveauté permanente et sur les séries maisons qui sont produites spécialement. Et le dernier changement c’est que Netflix passe à la deuxième phase de sa stratégie de mondialisation. Ses dirigeants ont commencé par séduire le monde entier en proposant partout du made in Hollywood. Depuis fin 2019, ils ont plus d’abonnés hors des Etats-Unis qu’aux USA et ils veulent mondialiser de plus en plus le succès de séries qu’ils commandent dans chaque pays. L’espagnol Casa del Papel leur a montré que c’était possible. Et en ce moment c’est la série française Lupin avec Omar Sy qui cartonne partout. Elle est même numéro un aux Etats-Unis.

 

Amazon, Disney, Apple, HBO ont tous des offres internationales

La première faiblesse de Netflix, c’est que son succès a inspiré la concurrence. Aujourd’hui la meute est lancée à ses trousses. Amazon, Disney, Apple, HBO ont tous des offres internationales. Et dans de nombreux pays il y a des concurrents très forts qui progressent comme le MyCanal de Canal+ en France. Et le consommateur ne pourra pas être abonné à plus de deux ou trois services. L’autre risque, c’est l’inflation du coût des séries. Il faut faire de mieux en mieux et les talents coûtent de plus en plus cher parce qu’il y a de la concurrence. Ca risque d’obliger Netflix à augmenter encore ses prix, or plus il y a de concurrence, plus il est dur d’augmenter ses prix.

David Barroux