Motorola : l’ancien roi du mobile fait son retour

Raimond Spekking/wikimedia commons

Motorola veut prendre un nouveau départ. Ce pionnier des télécommunications sans fil est l’inventeur du talkie-walkie des policiers et des premières générations de pagers (les bippeurs). C’était aussi le champion des box pour le câble et à la fin des années 90 il était avec Nokia et devant Ericsson le roi du téléphone mobile.

Motorola appartient à Lenovo qui est le numéro un mondial de la micro-informatique.

Motorola a lancé le fameux StarTac puis le RAZR, le téléphone à clapet qui tenait dans une petite poche. Mais ça c’était à l’époque de la bonne vieille 3G. Le passage à la 4G et l’arrivée des iPhone et de tous les smartphones ont eu la peau de l’Américain. Google avait racheté la marque en 2012 pour essayer de la relancer mais a échoué et depuis 2014 c’est le chinois Lenovo qui essaye et aujourd’hui il se montre à nouveau très ambitieux.

 

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En Europe les dirigeants de Motorola veulent conquérir 10% du marché du mobile. C’est un sacré défi car leur part de marché n’est que de 1% aujourd’hui. Mais le groupe a plusieurs atouts qui font que ce pari ne me semble pas totalement impossible : une notoriété très forte. -c’est un peu à double tranchant car pour les jeunes ça peut faire un peu vieux -, mais pour les vieux ça fait sérieux. Il y a un côté nostalgie, rétro. Un nom et une bonne campagne marketing ça permet d’attirer la lumière et d’émerger sur un marché très encombré.

Huawei qui était en pleine progression va être très ralenti à cause des sanctions américaines

Autre condition, il faut que les produits offrent un bon rapport qualité-prix. Et là je pense que Motorola peut tenir cette promesse. Il appartient à Lenovo qui est le numéro un mondial de la micro-informatique. C’est un groupe qui sait acheter et assembler des composants, et lancer des produits électroniques. Le marché a atteint une forme de maturité technologique, on passe bien sûr à la 5G mais c’est juste une puce qui change. On n’est pas à l’aube d’une rupture majeure et complexe pour une marque qui sera dans le moyen de gamme. Et puis il y a deux choses qui peuvent aider Motorola. Le géant chinois Huawei qui était en pleine progression va être très ralenti à cause des sanctions américaines qui le privent de composants et de logiciels indispensables. Il y a une place à prendre. Enfin, le marché du mobile c’est un marché de renouvellement. Un téléphone ça se perd, ça se casse, ça se change… Du coup tous les ans, il y a des clients potentiels à séduire. Ce n’est pas comme une voiture qu’on garde plus de dix ans.

David Barroux

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