La consommation de viande en France a résisté à la mode du végan et des végétariens …

Les Echos révèlent ce matin des chiffres qui risquent d’en surprendre plus d’un. En dix ans la consommation de viande par habitant n’a pas chuté. C’est surprenant parce que le bruit médiatique est très hostile à la viande.

 

En moyenne, les Français ont mangé 85 kg de viande par personne l’an dernier

On arrête pas de nous dire que c’est mauvais pour la santé et pour la planète, que la souffrance animale est terrible. Et on ne nous parle que du boom des végétariens ou même des végans. Et pourtant, les chiffres sont là : en moyenne, les Français ont mangé 85 kg de viande par personne l’an dernier. C’est exactement le même niveau qu’il y a dix ans. Mais si le volume global ne bouge pas, on ne mange plus de la viande de la même manière.

 

 

En quoi notre consommation a changé ?

Le premier changement majeur c’est que la consommation de bœuf chute fortement. C’est -12% depuis 2007. Du coup, on consomme aujourd’hui plus de volaille que de bœuf car par contre la consommation de poulet continue de grimper. Et la consommation de viande de porc, même si elle recule un peu, reste la première source de viande dans l’assiette des Français. L’autre changement structurel c’est que l’on mange moins de viande à la maison mais que ce qu’on appelle la « consommation hors foyer », c’est-à-dire au restaurant, elle, progresse. C’est particulièrement le cas d’un segment comme le burger. Il y a de nouvelles chaînes, une offre qui monte en gamme, de plus en plus d’option de livraison et du coup sur les quatre dernières années, le segment du burger a bondi de 18% pour atteindre 6 milliards et demi.

 

 

 

A qui profite cette évolution de la consommation ?

Dans la viande comme dans plein de secteurs de la consommation c’est la matérialisation de la théorie du sablier. La consommation se structure entre d’un côté des produits moins chers. La volaille est boostée parce que c’est trois fois moins cher que le bœuf. Et dans l’autre sens, les meilleures viandes sont tirées par une forme de montée en gamme. Quand on mange moins de bœuf ou quand on va moins souvent au restaurant, on préfère se faire plaisir en achetant un bon steak ou un bon burger. L’autre chose qui ressort de ces statistiques c’est que la France n’est pas encore le paradis des végétariens. On est plus un pays de flexitariens. On ne mange plus de viande à tous les repas mais on continue d’en manger.

 

David Barroux

 

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