La bibliothèque de Dresde met en ligne des documents inédits sur Richard Strauss

La bibliothèque d’État et universitaire de Dresde (SLUB) met en ligne sur son site de nombreux documents d’époque concernant Richard Strauss, y compris des enregistrements sonores. Le compositeur et chef d’orchestre munichois qui séjourna à de nombreuses reprises dans la capitale de la Saxe où certaines de ses œuvres ont été créées et jouées pour la première fois.

 

Dresde, le Bayreuth de Richard Strauss

Né à Munich en 1864 et mort à Garmisch-Partenkirchen en 1949, Richard Strauss avait une relation particulière avec Dresde où on estime qu’il effectua plus de 60 séjours. La plupart du temps, c’est pour des voyages d’ordre privé qu’il se rendait dans la capitale saxonne, pour y assister à des concerts, rencontrer des musiciens de la Staatskapelle (considéré comme l’un des plus anciens orchestres du monde)  ou, tout simplement, pour jouer aux cartes avec ses amis. Mais c’est aussi à Dresde que furent jouées pour la première fois certaines de ces œuvres (9 de ses 15 opéras) lors de concerts qu’il dirigea parfois lui-même, et qu’il y enregistra ses 1ers disques (78 tours). Un lien si fort entre la ville et le compositeur que le Semperoper, l’opéra de Dresde, est surnommé le Bayreuth de Richard Strauss et, qu’en 2014, y fut donné un grand gala pour célébrer les 150 ans de sa naissance.

 

Des enregistrements sonores de Richard Strauss au piano

Lieder, op. 10 Die Nacht

Il est donc tout à fait normal que la bibliothèque d’État et universitaire de Dresde (SLUB) ait pu collecter et archiver depuis 70 ans de nombreux documents relatifs à Richard Strauss et, en particulier, à ses séjours dans la ville. 70 ans c’est également, en Allemagne, la durée pendant laquelle l’exploitation des œuvres et archives des artistes sont protégées et soumises à droits d’auteur après leur mort, avant de « tomber » dans le domaine public, comme c’est le cas pour celles de Richard Strauss depuis septembre dernier. La SLUB a ainsi pu mettre en ligne sur son site et faciliter l’accès à un nombre considérable de documents que lui a confiés le Semperoper. Des partitions originales d’opéras, dont certaines signées de la main de Strauss comme celles de L’amour de Danaé, Hélène d’Egypte, Intermezzo ou La femme silencieuse (sur un livret signé Stefan Zweig), des notes manuscrites pour les grands chefs d’orchestre locaux de l’époque tels Jean-Louis Nicodé,  Ernst von Schuch ou Hermann Kutzschbach. Parmi tous ces trésors, des photos dont certaines le montrent entouré des responsables de l’institution saxonne ou en train de répéter, des croquis de décors et costumes de ses opéras (notamment ceux d’Alfred Roller pour Le chevalier à la rose) et puis des dizaines d’enregistrements sonores de ses œuvres jouées par les orchestres de Dresde. On peut même entendre Richard Strauss au piano accompagner le baryton Heinrich Schlusnus dans 3 lieder.

 

Philippe Gault

 

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