Insécurité : assiste-t-on à « une dictature de la violence » ?

Nicolas Beytout de l’Opinion, et Yves Thréard du Figaro ne digèrent pas les violences qui ont suivi le match PSG/Bayern et ils l’écrivent haut et fort ce matin. Le premier écrit : « les Français regardent ébahis les saccages impunis de bandes de supporters débiles, ils exigeront les résultats ». Pour Beytout, l’insécurité est l’autre sujet phare de la rentrée, le premier étant le coronavirus.

Violences urbaines : « le mal est profond », selon Yves Thréard du Figaro

Yves Thréard en Une du Figaro est plus énervé encore et parle de dictature de la violence. « Les soirs de match, Paris n’est pas une fête mais un cauchemar. Que le PSG gagne ou perde, il se trouve toujours des hordes sauvages pour hurler, casser, piller. Les Champs Elysées sont devenus l’avenue de la honte. Magasins saccagés, voitures brûlées, chaussées défoncées, la haine et la bêtise ont parlé, visage d’une société balafrée ». Et Yves Thréard, comme si la rentrée n’était pas assez anxiogène, fait l’inventaire estival de l’impuissance publique face à la violence… Et la liste est longue. « Le mal est profond » écrit-il.

 

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Paris n’a pas le monopole de la voyoucratie : des gendarmes ont dû être envoyé à Palavas-Les-Flots pour des bagarres entre commerçants et de bien curieux touristes. L’été a vu la délinquance exploser dans les transports en commun. Pour un simple rappel au port du masque on s’y fait tabasser, sans oublier la mode des rodéos sauvages, n’en jetez plus. Alors on pourrait penser que Thréard défend le créneau sécuritaire du Figaro qui consacre une pleine page aux casseurs des Champs Elysées, sauf que certains de vos titre régionaux font eux aussi la une sur les violences, les incivilités alimentant ainsi le sentiment d’insécurité.

 

Libération évoque un groupe Facebook d’entraide pour se faire raccompagner le soir dans les rues de Bordeaux

Paris Normandie dénonce le fléau des rodéos, Le Maine Libre les vols de scooters, Nord Littoral les vols de voiture, le Progrès de Lyon un adolescent roué de coup place Bellecour et Sud Ouest annonce des renforts de CRS à Bordeaux pour seconder les effectifs de police. Bordeaux fait la une de Libération. Le quotidien de gauche titre « Des nuits à couteaux tirés » et consacre une double page à la recrudescence des attaques à l’arme blanche dans la capitale girondine depuis le déconfinement.

 

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Et Libération de décrire l’existence de réseaux de passeurs, de trafiquants d’êtres humains, de jeunes migrants illégaux sédentarisés dans la ville et qui entreraient en concurrence avec les délinquants locaux fabriquant ainsi l’écosystème de règlement de compte dont les victimes curieusement ne portent pas plainte. La conclusion du papier de Libération est édifiante : « dans un climat d’inquiétude, les habitants s’organisent eux-mêmes depuis la fin du confinement. Un groupe Facebook d’entraide créé par deux femmes permet de se faire raccompagner et compte 2000 membres triés sur le volet. L’application Street alert pour sauver ou être sauvé en situation de danger connait un pic de téléchargement, les cours d’autodéfense sont à Bordeaux de plus en plus prisés. Un agent de sécurité privée a même proposé à la ville de Bordeaux de créer une sorte de milice privée pour épauler les forces de l’ordre ». La ville a décliné poliment. Ambiance.

David Abiker

 

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