Hubert Germain : qui était le dernier compagnon de la Libération ?

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Hubert Germain s’est éteint ce mardi 12 octobre, homme politique et surtout dernier représentant des compagnons de la Libération. Il avait 101 ans. C’est l’occasion pour le Journal Imprévisible de revenir sur ces Résistants de la première heure durant la Seconde Guerre mondiale.

Hubert Germain rejoint Londres en juin 1940

Hubert Germain était l’un des 1 038 combattants, militaires ou civils, à avoir reçu ce titre de Compagnon de la Libération du Général de Gaulle pour la précocité de leur engagement. Une vie qui a basculé pour Hubert Germain, comme tous les autres, en entendant le message du Maréchal Pétain à la radio. Le 17 juin 40, le Maréchal Pétain annonce l’armistice, la débâcle face à l’Allemagne nazie.

Le Maréchal Pétain annonce l’armistice, le 17 juin 1940

Le lendemain Hubert Germain passe le concours d’admission pour devenir officier de marine et décide de rendre copie blanche. Le même jour, le jeune élève de 19 ans répond à l’appel du Général de Gaulle. Quelques jours plus tard, il prend le bateau, direction l’Angleterre. Hubert Germain arrive à Londres et retrouve des jeunes de tous horizons qui comme lui ont refusé la défaite et l’humiliation, des anonymes, mais aussi des grands noms : Felix Eboué, René Cassin, André Malraux, Pierre Brossolette aux côtés du Général de Gaulle. Le Général qui croise aussi un certain Romain Gary.

Romain Gary parle du Général de Gaulle

Hubert Germain reposera au Mont Valérien

Autre figure de la résistance : Daniel Cordier, qui nous a quittés l’an dernier. Il a connu Lyon et la clandestinité en tant que secrétaire personnel de Jean Moulin. Sur place, il coordonne les réseaux de la Résistance, tout comme Laure Diebold, l’une des 6 femmes -seulement !- reconnues Compagnon de la Libération. Avec Bertie Albrecht, Laure Diebold, secrétaire, sera déportée dans 11 camps différents avant d’être relâchée en 1945. Hubert Germain quant à lui a pris les armes dans différentes campagnes militaires : la Syrie, la Libye, la bataille héroïque de Bir-Hakeim… Mais son plus grand souvenir sera le débarquement de Provence en août 44, deux mois après celui de Normandie, et 4 ans après son exil forcé. Puis ce sera la vallée du Rhône, les Vosges, l’Alsace, avant une arrivée triomphale à Paris. Après la Guerre Hubert Germain se lancera en politique : il sera député- maire dans l’Essonne, puis ministre sous Pompidou. D’autres deviendront écrivains, ambassadeurs, marchands d’arts. La plupart reposent au Mont Valérien, Hubert Germain les rejoindra le 11 novembre prochain.

Marc Bourreau

 

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