Exotec devient la 25ème licorne française et révolutionne le monde industriel

Exotec

La France compte une licorne de plus. Une start-up dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Et c’est une bonne nouvelle car nous en avons désormais 25 en France.

Exotec devrait atteindre 200 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année

C’est un symbole qui compte. Avoir 25 start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars par des investisseurs venus du monde entier prouve que nous sommes dans la course. On estime qu’il y a un peu moins de 1 000 licornes dans le monde. Et sur ce total, un bon quart sont aux Etats-Unis. La Chine et l’Inde en comptent respectivement un peu moins de 100. A part la Grande-Bretagne qui en accueille une quarantaine, la France est dans le paquet des puissances techs moyennes comme Israël ou l’Allemagne avec une petite trentaine ou une grosse vingtaine de start-ups. Et surtout, Emmanuel Macron avait fixé en 2019 un objectif de 25 licornes tricolores d’ici 2025. Pour une fois qu’on atteint un objectif avec trois ans d’avance !

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La 25ème licorne est une entreprise très originale qui s’appelle Exotec, qui fabrique des robots qui ont une fonction très spécifique. Leur spécialité est de préparer des commandes dans des entrepôts très automatisés. Utiliser pour cela des machines est donc très avantageux, c’est plus rapide que des humains : on élimine une tâche pénible, on peut stocker sur des étagères très hautes sans que cela soit dangereux. Et surtout comme on est plus efficace, on peut réduire le coût de gestion des entrepôts. A l’heure du e-commerce en particulier c’est donc stratégique. Exotec propose un service complet : des robots mais aussi des logiciels et des services. Le succès est donc au rendez-vous puisque leur chiffre d’affaires qui double tous les ans devrait atteindre 200 millions cette année.

Gap et Uniqlo sont clients d’Exotec

En quoi cette start-up est différente des autres licornes françaises ? C’est l’une des rares licornes qui ne soit pas parisienne mais lilloise. Ensuite et surtout, c’est une start-up industrielle. Jusque-là toutes nos licornes étaient dans le e-commerce comme ManoMano, Back Market ou Veepee. On avait aussi des fintech, des entreprises dans le logiciel ou dans les services dématérialisés comme Doctolib, Deezer ou Blablacar. Une start-up industrielle c’est important parce que cela signifie à la fois des services et de la production.

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La fabrication a besoin de plus de bras que le logiciel, ce qui est bon pour l’emploi. Si on veut que le made in France ait un avenir, il faut surtout que notre industrie existante se digitalise et qu’on ait de jeunes pousses qui réinventent des métiers industriels historiques un peu comme Tesla rebat les cartes dans l’automobile. Les licornes d’aujourd’hui seront souvent les géants de demain. On ne peut pas mettre tous nos œufs dans le panier des services. On a besoin de nouveaux acteurs industriels qui en plus exportent et c’est le cas d’Exotec, qui compte certes parmi ses clients Cdiscount et Decathlon, mais aussi le japonais Uniqlo et l’américain Gap. Et ça c’est une excellente nouvelle.

David Barroux 

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