Eric Zemmour relaxé en appel pour ses propos sur l’islam et l’immigration

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Eric Zemmour, l’auteur du livre Le Suicide français fait la une de plusieurs de vos journaux ce matin. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel estime qu’en tant qu’acteur du débat politique national, son temps de parole doit être décompté, notamment lorsqu’il prend la parole sur CNews.

Eric Zemmour avait décrit le voile et la djellaba comme les uniformes d’une armée d’occupation

Zemmour fait aussi la une parce qu’il a été relaxé de sa condamnation en première instance à 10 000 euros d’amende pour les propos tenus lors de la convention de la droite à Paris en 2019 avec Marion Maréchal Le Pen et quelques autres. Qu’avait dit Zemmour à cette occasion ? Il avait fustigé les immigrés colonisateurs, l’islamisation de la rue et décrit le voile et la djellaba comme les uniformes d’une armée d’occupation. Plusieurs associations l’avaient fait condamner en première instance pour exhortation plus ou moins explicite et implicite à la discrimination et à la haine.

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La cour d’appel a pris hier le contrepied de ce premier jugement, considérant que le polémiste et candidat potentiel à la présidentielle n’a pas ciblé un groupe de personne dans son ensemble en raison de son origine -aucun des propos poursuivis ne visait les musulmans ou les africains dans leur ensemble mais uniquement des fractions de ces groupes- poursuit le Monde qui cite le jugement de relaxe. Evidemment, les associations antiracistes sont déçues, certaines se lamentent sur un débat public où il sera désormais possible de tenir des propos qu’elles jugent déplacés et haineux, d’autres au contraire estiment que la justice en rendant cette décision protège ce même débat public.

 

Emmanuel Macron est inquiet parce qu’il sait qu’il peut être battu si Marine Le Pen n’est pas au second tour à cause de Zemmour

Zemmour peut se frotter les mains, il va parasiter le débat politique dans les mois qui viennent, c’est la certitude et la une du Magazine Marianne. La Marseillaise choisit un titre redoutable, Marine Le Pen face au variant Z, comprenez Zemmour. Marine Le Pen est d’ailleurs interrogée par le Figaro ce matin sur le risque de voir sa candidature affaiblie par Eric Zemmour. Au journaliste qui lui demande si elle prend la candidature de l’écrivain chroniqueur au sérieux, voilà ce que répond la présidente du RN : « Parmi ceux qui croient en la France, je n’ai pas d’adversaire. De Zemmour à Montebourg je ne peux avoir que des concurrents virtuels. J’aimerais en profiter pour rappeler à ceux qui participent de ce camp-là et qui ne ménagent pas leur critique parfois d’une incroyable violence (et là, c’est clairement Zemmour qui est visé) que contrairement à d’autres je n’ai aucune responsabilité dans la situation du pays ».

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Et elle ajoute pour que ce soit bien clair : « le véritable suicide français, c’est la division du pays ». Ou comment qualifier Zemmour de diviseur sans le nommer. Et dans les Echos Cécile Cornudet voit les choses autrement, Zemmour commence à inquiéter Le Pen et les Républicains jusqu’au président, dont un proche confie à l’éditorialiste des Echos : « le président est inquiet parce qu’il sait que le débat va être hystérisé et parce qu’il sait qu’il peut être battu si Marine Le Pen n’est pas au second tour à cause de Zemmour ».

David Abiker

 

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