Ecologie : Le vin bio a-t-il le vent en poupe ?

On consomme de moins en moins de vin dans le monde mais on boit de plus en plus de vin bio. Les chiffres sont impressionnants. Depuis 2013, la consommation de bouteilles certifiées bio a pratiquement doublé.

 

Vin bio : un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros

Aujourd’hui ça ne représente encore qu’un peu plus de 3 milliards d’euros de chiffres d’affaires sur un total de 166 milliards pour le vin en général. Mais la croissance est telle que le bio devrait passer d’une part de marché de 1,5% en 2013 à 3,5% du marché dix ans plus tard. En 2023 on continuera de boire avec modération mais on descendra quand même autour de 2 milliards de cols bio.

 

 

Pourquoi le bio progresse aussi vite ?

C’est comme pour tous les secteurs de l’alimentation ou de la grande consommation, il y a une demande du public pour des produits plus naturels, moins chimiques ou trafiqués. Et en parallèle, le vin bio est monté en gamme. On est plus dans un vin instable produit par quelques vignerons écolos. Aujourd’hui, le bio est mieux maîtrisé, moins risqué économiquement. Il est bon et du coup les plus grands vins s’y mettent. Le bio est monté en gamme et en qualité. Les producteurs y trouvent leur compte parce que certes le bio c’est plus exigeant mais ça permet de faire un très bon vin que l’on pourra vendre plus cher. Dans un monde qui cherche à consommer moins mais mieux, le bio c’est incontestablement un bon positionnement pour un produit alcoolisé qui est déjà accusé de beaucoup de maux.

 

 

Est-ce une bonne nouvelle pour la France ?

Tout ce qui peut contribuer à soutenir les ventes de vin et en particulier de vins hauts de gammes est une bonne nouvelle pour la France. On n’a pas été les premiers sur le bio. L’Italie reste le premier pays producteur mais on a doublé l’Espagne en surface bio cultivée et on comble un peu l’écart sur l’Italie. Ca va tirer nos exportations surtout que le bio va s’étendre vers le rosé de qualité et un jour vers le champagne. Et en France, le bio gagne des parts de marché au point qu’en 2021 la France devrait doubler l’Allemagne pour devenir le premier consommateur de vins bio. La prochaine étape sera sans doute de pousser les vins naturels, sans soufre.

 

David Barroux

 

Plus d’articles sur le décryptage économique de David Barroux