Deux contrebasses endommagées lors d’un transport en avion

En deux semaines, deux contrebassistes ont eu la désagréable surprise de constater que leur instrument avait été plus ou moins endommagé lors d’un transport sur des vols de compagnies aériennes.

 

La contrebasse jetée dans un camion depuis une hauteur de 4 mètres

C’est à l’issue d’un vol entre Washington, où il avait joué en concert, et Zagreb que le contrebassiste croate Tihomir Hojsak a découvert son instrument en grande partie détruit. Table (coffre) éventrée, touche (manche) éraflée et chevalet hors d’usage. Des dommages qui ont évidemment rendu sa contrebasse injouable. Selon lui, c’est lors de l’escale à Istanbul que son instrument a été endommagé. Dans un message il dit avoir vu des employés de l’aéroport jeter son instrument dans un camion depuis une hauteur de 4 mètres.

 

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Un témoignage corroboré par d’autres voyageurs témoins de la scène. Très remonté contre la compagnie Turkish Airlines, sur laquelle il voyageait, Tihomir Hojsak a fait part de cette mésaventure sur les réseaux sociaux, se plaignant également du fait qu’on l’ait obligé à signer un document au départ de Washington déchargeant la compagnie turque de toute responsabilité en cas de détérioration de ses bagages et qu’il avait même dû payer 195 dollars pour ce « bagage » surdimensionné.

 

Des milliers de dollars de réparation

Pour Louis Levitt, contrebassiste américain et membre de l’ensemble de chambre Syrabite 5, c’est à l’issue d’un vol mouvementé entre Newark (New Jersey) et San Diego (Californie) qu’il a découvert que sa contrebasse avait été sérieusement abîmée lors du transport par la compagnie United Airlines. Le magazine britannique spécialisé The Strad raconte qu’en allant la récupérer le lendemain de son arrivée, il s’est aperçu que la housse de transport de son instrument avait été ouverte et que des éléments de protection avaient été manipulés. En examinant de près sa contrebasse il s’est rendu compte que le haut du manche était fissuré sur plus de 4 pouces (plus de 10 cm).

 

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Louis Lewitt a immédiatement appelé son luthier pour lui demander si, malgré tout, il pouvait en jouer. Pas question lui a-t-on répondu, d’autant que des tensions sur les cordes pourraient encore augmenter la fissure. Résultat, plus d’une semaine de travail de réparation à envisager et des milliers de dollars de frais, avec le risque que le son soit altéré pour une contrebasse qui date de 1887, d’une valeur estimée à plus de 100 000 dollars et qui a déjà été utilisée sur les plus grandes scènes de concert aux États-Unis.

 

Philippe Gault

 

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