Danone : révolution verte ou greenwashing ?

Le groupe alimentaire Danone fait sa révolution verte. L’entreprise va investir 2 milliards d’euros sur 3 ans pour orienter les agriculteurs vers le bio et fabriquer des emballages plus vertueux. Une démarche motivée par une nécessaire adaptation aux nouvelles demandes des consommateurs

 

Les bouteilles d’Evian et de Volvic en plastique recyclé d’ici 5 ans

Les entreprises déclarent souvent qu’elles sont écologiques. Mais leurs actes sont parfois en contradiction avec leur discours. Mais l’entreprise Danone vient elle de franchir un cap puisqu’elle annonce qu’elle va investir 2 milliards d’euros sur 3 ans pour devenir une entreprise plus vertueuse sur le plan de l’écologique. C’est beaucoup d’argent et surtout, c’est la première fois qu’une entreprise dit qu’elle va accepter de réduire ses marges pour pouvoir être plus vertueuse, sans pour autant augmenter ses prix. Le consommateur ne va pas payer cette ambition verte, ce sont les actionnaires.

 

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Concrètement, Danone va agir sur plusieurs fronts. La société va favoriser l’agriculture moins intensive et davantage biologique, en apportant des aides financières aux agriculteurs. Elle va revoir sa stratégie industrielle, mais le plus symbolique, c’est qu’elle se donnent 5 ans pour revoir en profondeur ses emballages. On sait que le plastique est très utilisé dans l’agroalimentaire et qu’il est trop souvent source de pollution. Danone, qui est un géant de l’eau et des yaourts ne va pas éliminer totalement le plastique. Il va utiliser d’autres matériaux comme du verre, des canettes en aluminium, du carton, des matériaux biosourcés et biodégradables. Mais surtout, il va investir dans l’achat de plastique d’origine recyclé et recyclable, pour l’Evian et la Volvic.

 

De la préservation de l’environnement dépendrait la survie de Danone

Les anti-capitalistes, ceux qui ne supportent pas les multinationales et les adeptes de la décroissance, vous diront que c’est du « greenwashing », que Danone ne fait que de la communication. En fait, je pense que la démarche est bien sûr intéressée, mais n’en n’est pas moins sincère. Comme tous les groupes agroalimentaires, Danone dépend de l’accès à la ressource. Sans eau, sans lait, son business s’écroule.

 

 

L’entreprise a donc besoin d’une planète moins polluée. Ensuite, son intérêt commercial est de se différencier en tentant de séduire le consommateur de plus en plus sensible à ces questions, en prouvant par des actes qu’il est différent. Aujourd’hui, on peut bénéficier d’un retour sur investissement dans le bio et l’écologie. On peut souvent vendre un peu plus cher et vendre un peu plus. Le consommateur récompense les bons élèves. Voilà pourquoi Danone veut donner l’exemple.

 

David Barroux

 

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