Revolut, la banque digitale redoutée par les établissements traditionnels

Régulièrement, les banques traditionnelles sont remises en cause pour les frais qu’elles imposent à leurs clients. La banque digitale Revolut, une start-up de la finance, vient de lever 500 millions d’euros et joue la carte du « tout gratuit » ou presque.

 

Revolut est valorisée 5 milliards d’euros, soit 5 fois moins que la Société Générale

Revolut est une « néo-banque », à savoir une banque digitale, plus précisément une fintech. Sorte de croisement entre une start-up technologique et un acteur de la finance, elle est peu connue du grand public, alors que toutes les banques dites « traditionnelles » la craignent. La raison est simple: en 5 ans, elle a déjà séduit plus de 10 millions de personnes en Europe et vise les 100 millions de clients d’ici 2025.

 

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Les investisseurs y croient puisqu’elle vient de lever 500 millions d’euros pour accélérer son développement. Aujourd’hui, Revolut est valorisée plus de 5 milliards d’euros, soit 5 fois moins seulement qu’un géant comme la Société Générale, qui est pourtant plus de 100 fois plus gros.

 

Des versements instantanés gratuits et pas de frais à l’étranger

Les investisseurs lui font confiance parce que c’est une banque digitale en pleine croissance. Revolut n’a rien inventé mais propose peu à peu les mêmes services qu’une banque traditionnelle. Sauf qu’elle a deux avantages. Elle est née dans le digital et ses services numériques sont simples et intuitifs. Et puis, Revolut n’a pas de gigantesque structure de coûts à amortir. Sans agences et avec très peu de personnel – surtout des ingénieurs -, elle peut casser les prix. D’ailleurs une multitude de services sont y gratuits ou presque.

 

 

Il suffit de quelques clics pour y ouvrir un compte avec son smartphone. Ensuite, les clients l’alimentent via des versements instantanés, sans payer de frais. Ils peuvent utiliser une carte Visa, qui ne leur coûte que quelques euros, dans de nombreux pays et en monnaies locales. Du coup, les utilisateur ne payent pas de commissions et ne se font pas matraquer par les taux de change. Les créateurs de cette banque ont réussi à identifier les motifs d’insatisfaction des clients des banques traditionnelles et essayent de les régler.

 

Orange ou La Poste ont déjà mené l’offensive face à Revolut

Mais tout ne sera pas facile pour Revolut. Déjà, en grossissant et en proposant toujours plus de services, elle va enregistrer des coûts structurels en hausse. De plus, la régulation va leur rajouter des contraintes. Ensuite, d’autres fintech, créées par des start-up comme par des grands groupes, existent.

 

 

Orange et La Poste en France ont lancé leurs banques digitales. Les banques traditionnelles s’améliorent elles aussi ; ce qui va accroître la concurrence. Surtout, Revolut, qui se veut l’Amazon de la banque, va devoir gagner de l’argent et donc, progressivement, sera contrainte de proposer des services payants à sa base de clients. Si ses concurrents s’améliorent et que ses prix montent, sa situation va se corser.

 

David Barroux

 

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