Covid-19 : Le rythme des contaminations « va probablement s’accélérer », selon Enrique Casalino

Enrique Casalino, infectiologue, directeur médical à l’AP-HP était l’invité de Renaud Blanc sur Radio Classique ce lundi 3 janvier. Dans un contexte d’explosion des contaminations liées au variant Omicron (plus de 200 000 cas positifs par jour), il livre ses inquiétudes.

Aux Etats-Unis, le Financial Times prévoit un système paralysé économiquement notamment par les arrêts de travail

Alors que le nombre de cas de contamination au Covid-19 bat des records en ce début d’année, il est fort probable que le rythme va encore s’accélérer, explique Enrique Casalino. Il reste toutefois des inconnues, selon lui : « lors de la première vague, pour 1 diagnostic, on savait qu’il y en avait entre 3 et 10 patients contaminés que nous n’avions pas pu dépister. Mais aujourd’hui, c’est probablement beaucoup moins, parce que nous faisons davantage de dépistage. Cela veut dire que nous ne savons pas quelle est la part méconnue du nombre de personnes qui restent positives et qui ne se sont pas testées ». D’autant qu’on présente le mois de janvier comme celui de tous les dangers, souligne Renaud Blanc, avec un pays tournant au ralenti, voire être paralysé. « C’est tout à fait possible », souligne l’infectiologue, citant l’exemple américain. Aux Etats-Unis, le Financial Times prévoit un système paralysé économiquement notamment par les arrêts de travail.

A lire aussi

 

Autre interrogation actuelle, celle de la menace du variant Omicron, qui, s’il est plus contagieux serait moins dangereux. Or Enrique Casalino souligne que le principal facteur de protection n’est pas la mutation du virus, « c’est le fait que nous soyons vaccinés », qui réduit entre 60 et 80% le risque d’hospitalisation. Par ailleurs, l’infectiologue fustige les propos du ministre de la Santé Olivier Véran, qui vient de déclarer que cette cinquième vague sera peut-être la dernière. Il estime d’une part, que nous sommes en réalité « à la première vague du variant Omicron », et d’autre part, que ces propos sont « presque une insulte à tous ces pays qui souffrent, qui n’ont pas les moyens d’acheter les vaccins ».

Béatrice Mouedine

 

Retrouvez l’invité de la matinale