On a appris la disparition mi-avril du metteur en scène Pierre Strosser à l’âge de 82 ans. Ses créations ont marqué les plus grandes maisons d’opéra de France et de Suisse jusqu’à la fin des années 2000.
« J’ai la tristesse de vous faire part du décès de mon père Pierre Strosser , metteur en scène d’opéra, le 16 avril 2026, à l’âge de 82 ans ». C’est dans un message sur Facebook que le pianiste Emmanuel Strosser a annoncé le week-end dernier le décès de son père. Pendant plus de trente ans le metteur alsacien aura marqué l’histoire de l’opéra en France.
Né le 25 mai 1943 à Saint-Louis, dans le Haut-Rhin, Pierre Strosser a été formé au Théâtre national de Strasbourg. Passionné de musique, il intègre l’Opéra du Rhin dont il devint directeur de la scène et se voit confier en 1974 la mise en scène de L’Infedelta delusa. C’est cette création de l’œuvre de Joseph Haydn qui lance une carrière qui l’amena à travailler pour les plus grandes institutions françaises avant de terminer son parcours au Grand Théâtre de Genève.
« Un homme singulier qui donnait un sens concret au mot intensité »
Distingué par le Prix de la critique en 1983 pour la mise en scène de La Clémence de Titus de Wolfgang Amadeus Mozart, à l’Opéra de Lyon, Pierre Strosser se distingua également au festival lyrique d’Aix-en-Provence, à Montpellier mais aussi à Paris où il met en scène Wozzeck d’Alban Berg et surtout au Châtelet où Stéphane Lissner lui confia le Ring de Richard Wagner puis la création de 60e Parallèle de Philippe Manoury en 1997.
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Sur son site, Alain Perroux, le directeur de l’Opéra National du Rhin rend hommage à « cet amateur de whisky, fumeur de pipe invétéré qui devenait rapidement passionné (…) un homme singulier, consumé par un feu intérieur d’une rare vigueur qui donnait un sens concret au mot intensité ». Le Grand Théâtre de Genève auquel Pierre Strasser avait réservé ses dernières mises en scène dans les années 2000, cite ses propos accordés au journal Le Temps : « Il y a des formes, comme l’opéra, qui donnent une liberté de communication plus grande que les mots. Les mots et la musique ne sont qu’une façon détournée d’exprimer ce qu’on n’est pas capable de dire, du tréfonds de soi ».
La ministre de la Cullture, Catherine Pégard, a rappelé que « Originaire d’Alsace, Pierre Strosser avait gardé avec sa région natale et avec la ville de Strasbourg un lien particulier et intime qui allait guider sa vie et sa carrière ».
C’est d’ailleurs dans sa résidence de Liepvre dans le Val d’Argent (Haut-Rhin), où il vivait en toute discrétion depuis son retrait de la vie publique, que Pierre Strosser s’est éteint.
Philippe Gault
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