Covid-19 : « 1 million de masques FFP2 ont été vendus ce week-end chez Intermarché » annonce Vincent Bronsard

Jacques Witt / Sipa

Vincent Bronsard, président d’Intermarché, était l’invité du Focus Eco de François Geffrier ce mardi 11 janvier. L’occasion pour lui de revenir sur les questions relatives à la crise du Covid-19 et à l’inflation qui touche désormais l’alimentaire.

« Le masque est surtout un produit citoyen » 

Le masque FFP2 même s’il est plus protecteur, ne devrait pas être généralisé selon Olivier Véran, le ministre de la Santé. Cela tombe mal pour vous qui aviez fait de la publicité ces derniers jours pour vanter des prix imbattables : 23 centimes le masque chez Intermarché ?

Entre l’obligation et la possibilité de le porter il reste de toute façon beaucoup de clients. On l’a vu ce week-end, plus d’un million de masques FFP2 ont été achetés dans nos rayons.

Est-ce que la demande augmente pour les masques FFP2 ?

On vendait énormément de masques chirurgicaux jusqu’à présent. Le FFP2 était plutôt un produit qui était boudé mais son port a été rendu obligatoire en Italie notamment et on a vu une affluence énorme dans ces rayons qui se sont vidés très rapidement.

Avez-vous ce qu’il faut en termes d’approvisionnement ?

L’approvisionnement est la clé pour avoir un prix le plus bas possible et évidemment avoir de la bonne quantité. Nous avions senti qu’avec Omicron il s’agissait d’un variant beaucoup plus contagieux. Nous avons donc acheté 6 millions de masques, il nous en reste suffisamment et nous avons relancé les approvisionnements parce que c’est une chaîne qui est en flux tendus.

A lire aussi

 

Est-ce que l’idée de promouvoir des masques FFP2 made in France est envisageable ou ce n’est pas ce que réclament les clients ?

Nous faisons des masques FFP2 aussi bien d’origine chinoise que d’origine française. Le client choisit le prix en fonction de cela donc ça peut être assez aléatoire. Mais quand on veut avoir un prix coûtant pour essayer de diffuser au maximum ces masques-là dans toute la population française, le prix à 4,52 euros d’origine chinoise est plus porteur.

Il y a aussi eu ces 700 000 boîtes d’autotests vendues dans la grande distribution en quelques jours. Ce n’est pas tant que ça comparé aux 10 millions de tests de dépistage en pharmacie réalisés chaque semaine en France. A combien de ventes êtes-vous chez Intermarché ?

Nous avons vendu 600 000 boîtes puisque nous avions 3 millions d’autotests à vendre en boîte de 5. Nous avions eu l’autorisation du gouvernement assez tardivement pour pouvoir les vendre avant le réveillon de fin d’année. Nous avons ainsi pu être approvisionnés le 30 et le 31 décembre. C’est un produit qui est parti très rapidement, en quelques dizaines de minutes dans les zones à forte contagion notamment, comme c’était le cas en région parisienne. Nous avons un avion qui a atterri ce week-end sur Roissy. Il a passé la douane et on est en train de livrer les entrepôts qui vont livrer les Intermarché et Netto. Nous avons aussi un deuxième chargement qui arrive demain. Je vous parlais de flux tendus et c’est effectivement ça. On suit la situation comme le lait sur le feu puisque les douanes ont également un petit peu d’absentéisme à cause du variant Omicron. C’est un peu compliqué. Je suis quotidiennement dans les points de vente et j’entends souvent la demande : « mais je fais comment pour tester mon enfant ? ». Cette question d’autorisation de vente d’autotests n’est que temporaire, nous avons une date butoir fixée par le gouvernement au 31 janvier. On a du mal à anticiper les besoins, on aimerait un peu plus de lisibilité tant que le variant est à ce niveau-là, ça serait bien de repousser cette date car ça nous permettrait d’assurer plus de sécurité sanitaire pour les Français.

« Nos fournisseurs exigent une augmentation située entre 7 et 10% » 

Est-ce un enjeu d’image pour vous de vendre des autotests, des masques FFP2 ?  Est-ce que le masque est un produit d’appel pour faire venir des gens au magasin ?

Alors c’est surtout un produit citoyen pour nous. Si on a décidé de le faire à prix coûtant, ce n’est pas pour nous un produit d’appel. Toutes les semaines, nous avons à peu près 300 produits qui sont en promotion. On ne confond pas les masques avec la promotion de lessive ou celle du Nutella. Notre volonté est d’aider les Français au maximum et de leur permettre d’avoir un grand nombre de points de vente pour pouvoir se fournir facilement. Quand vous êtes chez Intermarché ou Netto, vous avez un point de vente tous les 17 km. On s’est dit qu’on avait donc un rôle à jouer avec nos 1860 Intermarché et 300 Netto en France.

On évoque de plus en plus ce choc d’inflation. Les prix alimentaires aussi sont concernés avec le prix des pâtes, de l’huile, du café, est ce que cela a augmenté chez vous ?

Le prix des pâtes a augmenté chez nous. Sur le reste, nous sommes en négociations avec tous les industriels. Les Français vont avoir une hausse des prix de l’intégralité des produits de grande consommation. Donc le panier moyen va augmenter car nos fournisseurs exigent une augmentation située entre 7 et 10%. Évidemment, notre travail à nous, va être de casser ce mur d’inflation par différents éléments.

A lire aussi

 

Si Auchan devait racheter Carrefour serait-ce une mauvaise nouvelle pour vous ?

Je ne sais pas si c’est une mauvaise nouvelle. Vous savez quand vous avez deux entreprises qui ont du mal à gagner des parts de marché, c’est compliqué. Nous sommes indépendants, contrairement à Auchan et Carrefour nous n’irons pas vers une concentration des indépendants. Que ces acteurs-là veuillent se regrouper pour être plus forts, pour essayer de passer leurs difficultés c’est compréhensible mais notre schéma c’est vraiment de garder des enseignes différentes. En revanche ce qui pourrait être intéressant -quand on voit qu’Amazon dépense 9% de son chiffre d’affaires dans ses recherches sur le digital- c’est que les indépendants devraient se regrouper pour tout ce qui est data et digital. Je pense que ça serait très intéressant pour faire baisser les prix.

François Geffrier

Retrouvez l’invité de la matinale