Inflation : Derrière l’augmentation spectaculaire des prix, un panier moyen resté stable en 2021

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Ikea, le numéro un mondial de l’ameublement vient d’annoncer que ses prix allaient augmenter de 9% en moyenne, en 2022. Pourtant la spirale inflationniste n’est pas encore hors de contrôle.

Sur certains produits il faut s’attendre à des hausses bien plus importantes

Ikea est une marque qui fait partie du quotidien de tous les habitants des pays développés. On a tous monté une bibliothèque Billy ou un canapé Zorglub. Quand le numéro un mondial – qui a construit son succès sur le design mais avant tout sur sa capacité à casser les prix – annonce qu’il va devoir se résigner à les augmenter non pas de 1 ou 2% mais de 9% en moyenne, c’est un vrai choc. Sur certains produits comme les bureaux, les lits ou les armoires, il faut s’attendre à des hausses bien plus importantes de plusieurs dizaines de pourcents. C’est un signal qui est donné à bien des entreprises dans le monde de la grande consommation. Cela veut dire que cette année, le risque d’inflation sur les produits du quotidien est majeur. 

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Comment s’explique ce retour de l’inflation ? La crise du Covid a tout désorganisé mais la crise économique majeure a été évitée grâce au soutien des politiques publiques. Cela veut dire que l’offre a été bien plus affectée que la demande. Le prix des matières premières a souvent explosé pour le bois et les plastiques. Les prix de l’énergie ont aussi flambé. Les coûts de transport et de logistique se sont envolés. Partout ou presque, il y a en plus des pressions liées à un manque de main d’œuvre. Les économistes et les banquiers centraux nous disent depuis deux ans que l’inflation ne sera que conjoncturelle. Mais quand le temporaire dure cela devient en partie structurel et les entreprises passent des hausses de prix à leurs clients. Ceux pour qui les coûts ont trop grimpé et qui sont assez forts pour imposer des hausses de prix ne vont plus hésiter à le faire. 

Les pâtissiers sont inquiets pour la galette des rois, avec l’explosion du prix du beurre et des amandes

Pour que la spirale inflationniste devienne hors de contrôle il faudrait deux choses. Déjà, que les entreprises accordent des hausses de salaires massives. On n’en est pas encore là. Il faudrait aussi que l’inflation soit généralisée, qu’elle touche tous les secteurs et tous les produits. On n’en est pas encore là non plus. L’an dernier par exemple, la grande distribution a joué son rôle. Sur certains produits peu transformés dont les coûts des matières premières explosaient comme les pâtes, le beurre, les fruits, il y a eu une inflation très nette. Mais le prix des couches, de la lessive ou des gels douche a lui, baissé.

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Ce qu’on appelle le « panier moyen » en France est resté stable en 2021. L’autre mécanisme d’ajustement quand les prix grimpent trop est la demande qui s’ajuste. La crise sur le marché automobile est en partie liée au fait que les prix des voitures neuves n’arrêtent pas de grimper. Cette année, les pâtissiers sont inquiets pour la galette des rois. Avec l’explosion du prix du beurre et des amandes, elles risquent de coûter bien plus cher et risquent de moins se vendre. 

David Barroux

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