Carrefour investit dans les dark-stores avec Cajoo et apprend de ses erreurs passées

Marco Verch/ Flickr

Derrière le nom de dark-store se cache un nouveau type de commerce dans lequel se sont lancées des start-ups qui proposent de livrer des produits essentiels en moins de 15 minutes. Le groupe Carrefour vient d’annoncer qu’il allait prendre part au capital de Cajoo, un des acteurs français de ce segment encore petit mais en pleine croissance.

Dark-stores : un segment en plein essor mais peu rentable pour l’instant

Afin de livrer rapidement, les dark-stores ne proposent que 1.500 à 2.000 produits, contre 30.000 références dans un supermarché, qu’elles stockent dans de petits entrepôts répartis par quartier. Seuls les livreurs sont habilités à rentrer dans ces mini-magasins dans lesquels ils constituent le panier. Ils vont ensuite livrer et toute la facturation se fait via l’appli.

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Pour que le système marche il faut ouvrir plein d’entrepôts pour être capable de livrer vite, mais l’activité coûte cher en investissements dans le premier temps de maillage du territoire. Pourtant la concurrence est déjà rude et les marges sont faibles.

Carrefour n’avait pas cru dans le Drive et ne veut plus commettre la même erreur

Si le segment n’a rien de rentable pour l’instant, Carrefour l’investit tout de même car le groupe est bien placé pour savoir qu’il est difficile de rattraper un train déjà en marche. Il y a quinze ans, Leclerc a cru au Drive, à l’inverse de Carrefour qui le paye encore aujourd’hui. Ce quick commerce pourrait devenir très gros comme en Chine et il s’agira alors fidéliser les clients. Cette activité complémentaire est peut-être stratégique, et en s’associant à une start-up Carrefour limite le risque. D’autant qu’il n’est pas seul à investir et peut s’appuyer sur des entrepreneurs. En échange le groupe apporte sa puissance d’achat, ses références produits, des programmes de fidélité et de marketing et peut aussi aider Cajoo à ouvrir des entrepôts dans les réserves de ses magasins.

David Barroux 

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