Antarctique : La Chine et la Russie bloquent toujours la création de deux nouvelles aires protégées

Pour la première fois depuis 1989, la France accueille la 23ème Réunion consultative du Traité sur l’Antarctique, traité unique qui a fait de ce continent une réserve naturelle dédiée notamment à la science, mais qu’il faut continuer à préserver.

40% de l’excès de CO2 de la planète est capté par l’Océan Austral

C’est un traité exceptionnel, signé en pleine guerre froide en 1959, entré en vigueur en 1961, et qui a gelé toutes les revendications territoriales en Antarctique. L’accord aura fait du continent blanc un lieu consacré à la recherche scientifique et à la paix, comme le souligne Anne Choquet, professeur de droit et spécialiste des pôles : « le traité a adopté des principes forts, comme la non-militarisation, la non-nucléarisation ou encore la coopération scientifique (…) toute activité non-pacifique est interdite, ainsi que des activités risquées pour l’environnement comme l’exploitation des ressources minérales ».

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Cette nouvelle réunion doit permettre de parler de la gestion du continent, de sa biodiversité et de ses zones déjà protégées qu’il faudrait étendre. En coulisses, se jouera aussi la question de la protection des deux aires marines qui bordent l’Antarctique dans l’Océan Austral, un océan qui joue d’ailleurs un rôle majeur puisqu’il est le principal puit de carbone de la planète, captant à lui seul 40% de l’excès de CO2 dans l’atmosphère.

La création de deux nouvelles aires protégées a été mentionnée au G7

Les ONG et de nombreux Etats, dont la France, réclament ainsi la création de deux nouvelles aires marines protégées. Le projet, pour l’instant bloqué par la Chine et la Russie, permettrait de protéger le Krill, petite crevette à la baise de la chaîne alimentaire en Antarctique, dont la surpêche provoquerait un changement d’écosystème.

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Le sujet s’est d’ailleurs invité ce week-end au G7 avec un soutien des dirigeants à la création de ces deux aires protégées, et tout se jouera lors de la réunion de la commission sur la conservation de la faune et la flore de l’antarctique, en octobre prochain. Cependant, des discussions informelles se tiendront dans les prochains jours, alors que les Etats devront également se pencher sur les activités touristiques en Antarctique dont le développement appelle à un encadrement.

Baptiste Gaborit

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