« Anne Hidalgo a annoncé des masques pour le 30 avril, on ne les a toujours pas », fustige Rachida Dati

Rachida Dati était l’invitée de la matinale de Guillaume Durand ce mercredi 6 mai. La candidate LR à la mairie de Paris a regretté « qu’aucun moyen pour encadrer les enfants et désinfecter les écoles » n’ait été donné par la mairie de Paris aux élus locaux. La maire du 7e arrondissement s’en est aussi prise à la politique de transports d’Anne Hidalgo pour le déconfinement, qui relèverait du « sectarisme et de l’idéologie ». Elle s’est aussi prononcée en défaveur d’un report « à plus d’un an » des élections municipales.

 

« Rien » n’a été fait par Anne Hidalgo pour le dépistage des personnes âgées à Paris, selon Rachida Dati

« Madame Hidalgo a annoncé des masques pour le 30 avril, on ne les a toujours pas ». Questionnée sur la teneur du plan de déconfinement du gouvernement, qui n’a « ni cohérence, ni constance » à ses yeux, Rachida Dati en a profité pour cibler sa concurrente aux élections municipales, Anne Hidalgo, sur la question des masques. « Les masques que j’ai distribués deux à trois fois par semaine pour les habitants du 7e arrondissement, sont issus de dons, sans le soutien de la mairie de Paris », a-t-elle déploré, certifiant dans la foulée que « rien » n’avait été fait pour le dépistage des personnes âgées.

 

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Pour la maire du 7e arrondissement de la capitale, Anne Hidalgo n’a pas non plus fait le nécessaire pour préparer la réouverture des écoles ou le soutien aux entreprises en difficulté. « On ne connait pas les marges de manœuvres pour relancer l’économie et protéger les Parisiens. Moi, j’aurais réuni tous les maires d’arrondissements et réquisitionné tous les équipements municipaux pour essayer de favoriser le retour à l’école des enfants », a-t-elle assuré.

 

 

 

Rachida Dati a affirmé que la mairie de Paris n’a donné « aucun moyen pour encadrer les enfants et désinfecter les écoles »

Si l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy a aussi impliqué la responsabilité du ministère de l’Education nationale, ne donnant pas « la définition ni les critères » pour désigner les élèves dits « prioritaires », Rachida Dati a surtout regretté une absence de stratégie de la mairie centrale pour la reprise des cours. « Tout ce qui est écoles, locaux, logistique, agents de la ville pour désinfecter les écoles, relèvent de la mairie centrale ».

 

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« On ne nous a donné aucun moyen. Je ne sais pas combien je vais avoir d’agents municipaux pour encadrer les enfants et pour désinfecter les écoles. On va s’y mettre à deux jours de la rentrée scolaire ? », a-t-elle cinglé. Elle a affirmé que de son côté, dans le 7e arrondissement de Paris qu’elle gère, elle a rencontré « les directeurs d’écoles et les parents d’élèves » pour organiser le nettoyage des établissements et la répartition des élèves en classe.

 

 

« L’espace public ne peut pas devenir une jungle », pour Rachida Dati, qui fustige la fermeture à la circulation de grands axes à Paris

Interrogée lundi dernier par nos confrères du Parisien, Anne Hidalgo a donné sa version du déconfinement de la capitale, qui passe notamment par des aménagements de voiries et une politique publique de soutien à la pratique du vélo. Une vision qui s’apparente à du « sectarisme et de l’idéologie » pour sa concurrente Rachida Dati.

 

 

« Vélo ou pas, (…) avec cette crise sanitaire, nous allons avoir un report massif des personnes en surface », a-t-elle prédit, s’inquiétant que Paris soit « très en retard sur le transport collectif ». Anne Hidalgo souhaite éviter à tous prix un afflux massif de voitures dans les rues de Paris, alors que les travailleurs pourraient être tentés de se rabattre sur les moyens de locomotion individuels pour éviter métros, RER et Transiliens.

 

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Elle a ainsi prévu la fermeture de la rue de Rivoli, de la place de la Bastille à la rue des Archives, dès le 11 mai prochain pour décourager les potentiels automobilistes. « L’espace public ne doit pas devenir une jungle. On nous annonce de plus en plus de fermetures de rues. Mais il y a déjà de nombreuses rues piétonnes à Paris, dans tous les arrondissements ».

 

 

« On peut en fermer certaines, mais on ne peut pas bloquer des grands axes. Paris demeure une capitale économique », a répliqué la maire du 7e arrondissement, prenant pour modèle la politique de Strasbourg, Lyon ou Lille ; trois municipalités gérées « avec beaucoup de pragmatisme » par le PS.

 

 

Rachida Dati ne veut pas d’un report des élections municipales à l’année prochaine

Rachida Dati aurait souhaité voir adopté « un budget de crise » par la mairie de Paris. La ville, qui doit faire face « à plus de 6,5 milliards d’endettement », se devrait pour elle d’aider, en plus de l’Etat, les petites entreprises en difficulté.

 

 

« A Paris, aucune mesure n’a été prise en faveur des cafés, des restaurants, des hôtels… Tout ce qui fait l’art de vivre à la française », s’est-elle scandalisée, invoquant un enjeu de civilisation. La campagne des municipales à Paris semble bel et bien se poursuivre, alors qu’aucune date pour le second tour des élections n’a pour l’heure été actée.

 

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« La démocratie ne peut pas être indéfiniment confinée. Il ne faudra pas reporter (le scrutin), comme certains le souhaiteraient, à plus d’un an. Cela n’a pas de sens ». Le gouvernement attend la remise d’un rapport sur la question par le Conseil scientifique le 23 mai pour se prononcer.

 

Nicolas Gomont

 

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