Agressions de maires : Karl Olive, le maire de Poissy, révèle avoir été menacé de mort

Karl Olive, maire Divers Droite de Poissy, président de Génération Terrain, était l’invité de Bernard Poirette ce jeudi 27 août. Alors que 233 élus ont été violentés depuis début janvier, il révèle avoir été menacé de mort par un de ses administré, qui a été arrêté par la police.

Karl Olive dénonce à travers les attaques d’élus une fragilisation de la République

C’est un cri de colère qu’a poussé Karl Olive ce matin dans le studio de Radio Classique : « il n’y a plus de respect pour les maires ! C’est bien beau de dire +on va vous soutenir+ mais concrètement, où sont les actions ? ». Le maire de Poissy réagissait à la multiplication des agressions de maires et d’adjoints, depuis la mort du maire de Signes (Var) Jean-Mathieu Michel le 5 août 2019, renversé par une camionnette alors qu’il s’apprêtait à verbaliser les occupants.

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Karl Olive dénonce à travers ces agressions une fragilisation de la République : « Celles et ceux qui sont dépositaires de l’autorité publique devraient être respectés à la hauteur de cette mission, ce sacerdoce ». Il révèle avoir lui-même été menacé de mort il y a 3 semaines. Un de ses administré l’a inondé de mails pendant deux jours, avant d’être arrêté et « mis au frais », selon l’expression du maire de Poissy. Privilégiant l’argot aux formules ampoulées, Karl Olive invite ses collègues « à l’ouvrir », autrement dit à dénoncer les attaques dont ils font l’objet.

 

« Tapons sur les allocations familiales ou rouvrons les centres pénitentiaires. Essayons, et on verra les résultats », affirme Karl Olive

Il souligne que l’arsenal juridique existe, avec des peines de 5 à 15 ans de prison ferme, mais qu’elles ne sont jamais appliquées. L’élu Divers Droite préconise les outils dont il se sert dans sa ville, où il affirme que la délinquance a baissé en 6 ans de 20 à 30%. Avec l’aide de caméras de vidéosurveillance, il affirme appliquer une « sorte de tolérance zéro » : « Nous confisquons les voitures et les motos lorsqu’il y a des rodéos sauvages ». Mais il demande que la justice ait les moyens d’appliquer des sanctions « à la hauteur des délits ».

 

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Plus largement, il note qu’il y a en cette période de crise du coronavirus en France une « tension, de l’exaspération, de l’intolérance, de la haine et de l’irrespect ». Karl Olive prévient : « S’il n’y a pas de réponse ferme, ça va exploser, j’attire votre attention là-dessus ». Une fermeté qu’il prône pour ne pas laisser de côté les questions de sécurité dans les quartiers populaires : « J’ai quelque chose de radical : tapons sur les allocations familiales le cas échéant, pas pour récupérer de l’argent, mais retisser le lien entre les familles et le jeune. Ou alors rouvrons les centres pénitentiaires. Ça n’a jamais été fait : essayons, et on verra les résultats ».

Béatrice Mouedine

 

 

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