100% bio dans les cantines scolaires : un objectif possible ?

Le bio s’incruste de plus en plus dans les cantines scolaires. Tous les programmes des candidats aux municipales le promettent. Certains s’engagent même sur un objectif 100% bio. Plusieurs villes ont déjà engagé cette transformation.

 

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« 14 kilomètres pour aller chercher du pain bio. C’est ridicule ! »

La transition vers le bio est même terminée pour certaines villes, comme à Courtonne-la-Meurdrac, commune de 700 habitants à 7 kilomètres de Lisieux, dans le Calvados. Des repas 100% bios sont servis dans la cantine de l’école depuis septembre 2017. « La seule liberté que j’ai laissée à la cantinière, c’est par rapport au poisson, explique Éric Boisnard, maire de Courtonne-la-Meurdrac. Je préfère le poisson sauvage parce que sur le poisson bio, il y a des choses à dire… Il ne faut pas non plus tomber dans des délires obsessionnels ». 80 repas sont préparés chaque jour aux enfants de l’école, soient 10.000 chaque année. Le bio à Courtonne-la-Meurdrac a émergé en 1996. Puis la ville est passée progressivement de 20% à 40% de bio, jusqu’au 100% d’aujourd’hui. La production locale est aussi mise en valeur dans la mesure du possible.

 

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« Le bœuf vient de 10 kilomètres de chez nous ; la totalité des légumes également. Il y a des choses simples et d’autres plus compliquées. Le pain par exemple est une grosse difficulté. Le pain bio, vous en trouvez dans les grandes villes. Mais nous, on est à 7 kilomètres. On a besoin de 4 pains par jour. Faire 14 kilomètres aller-retour pour aller chercher du pain bio, c’est ridicule ! Donc, on fait nous-même du pain bio congelé et c’est la cantinière qui le fait cuire le matin. Pour l’instant, c’est la meilleure solution que l’on ait trouvée. »

 

Lyon dépasse la moyenne nationale avec 40% de bio

Tout n’est pas simple donc, et pas question pour le maire de donner des leçons aux autres. « Il faut s’organiser », reconnait-il. Et même si cela coûte un peu plus cher à la commune. « On était à 3€55. On est passé à 4€ de coût. Et on a pas répercuté la hausse sur les parents. Cela a été pris sur notre budget. Notre capacité d’auto-financement est de 4.000 à 5.000 euros inférieur à ce qu’elle serait si on était pas 100% bio. Mais c’est une hiérarchisation des priorités que l’on a mise en place ». D’autres communes sont en 100% bio.

 

 

On peut citer Langouet en Bretagne ou Mouans-Sartoux en Provence ; mais ce sont exclusivement des petites villes. Des métropoles si mettent aussi : Lyon par exemple avec 40% de bio depuis septembre 2018. 40%, c’est largement au-dessus de la moyenne nationale. 28.000 repas sont servis chaque jour dans les écoles de la ville, 4 jours par semaine, tous préparés par Elior. La ville a passé un contrat avec une coopérative de producteurs bio de la région pour s’approvisionner en produits locaux.

 

Anne Hidalgo à Paris ou Eric Piolle à Grenoble promettent le 100% bio dans les cantines

« On y fournit des légumes, des fruits et des produits laitiers, liste Adrien Mazet, le président de la coopérative. Une commande de la ville Lyon, c’est vite 4 tonnes de carottes ou de patates. » Adrien Mazet est aussi agriculteur et producteur laitier, transformateur même, puisque c’est lui qui vend les yaourts bio à la ville de Lyon. « On livre à peu près 2-3 fois par mois. On a une petite ferme, 70 hectares et 40 vaches laitières. On est presque 6 à travailler sur une structure comme la nôtre ».

 

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« S’il n’y avait pas la transformation et en autres, la ville de Lyon, on serait 2-3 grand maximum. » Impossible de vous citer tous les candidats qui promettent du 100% bio pour ces municipales. Anne Hidalgo à Paris d’ici 2026 ou Eric Piolle à Grenoble par exemple. Il y a du travail puisqu’aujourd’hui, le bio dans les cantines représente environ 7% des produits seulement.

 

Baptiste Gaborit

 

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