Depuis le 13 juin, la tension monte entre Israel et Iran. Spécialiste de l’analyse géopolitique et stratégique, Bruno Tertrais a exploré les multiples facettes du conflit israélo-palestinien dans son livre La question israélienne aux éditions de l’Observatoire. Invité de la matinale, le politologue analyse sur la récente escalade militaire israélo-iranienne.
Donald Trump a déclaré ce dimanche qu’il espérait qu’Israël et l’Iran parviendraient à négocier un cessez-le-feu. Il y a trois jours encore, il dissuadait Israël de frapper les installations nucléaires iraniennes : « Je ne connais aucun analyste et aucun responsable sérieux qui pensait qu’il pouvait y avoir un accord », assure Bruno Tertrais à ce sujet.
Il ajoute : « Monsieur Trump lance des négociations comme il lance des balles en l’air avec à chaque fois des négociateurs peu professionnels. » Aujourd’hui, les États-Unis, l’Union Européenne, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie et les Nations Unies ont lancé des appels internationaux à la désescalade du conflit israélo-iranien.
Les hauts dirigeants iraniens dans le viseur d’Israël
« Israël a investi depuis 30 ans de manière extrêmement profonde et précise l’ensemble du système iranien », explique Bruno Tertrais. L’État Hébreu peu s’appuyer depuis 1951 sur son institut pour le renseignement et les opérations spéciales : le Mossad. Pour le spécialiste de l’analyse géopolitique, Israël a bénéficié d’une aide inattendue : « Ils ont eu la complicité d’Iraniens qui veulent voir tomber le régime iranien. Alors ce qu’on voit ces derniers jours, c’est le résultat de cette infiltration tentaculaire du régime. »
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche à la télévision américaine que le chef du renseignement iranien, Mohammad Kazemi, et deux de ses adjoints, Hassan Mohaghegh et Mohsen Bagheri, avaient été tué dans une frappe à Téhéran.
Bruno Tertrais révèle la vocation symbolique derrière ces éliminations de hauts dirigeants : « Israël lance un message d’avertissement pour dire que plus personne n’est à l’abri dans le régime iranien et que tous leurs responsables peuvent subir le même sort. »
La force populaire
D’après le Conseil National de la Résistance Iranienne, un sondage d’État révèle que le rejet du régime s’élève à 92% de la population. Cela ne veut pas dire que la population va profiter de ce conflit pour se soulever d’après le politologue : « Les régimes autoritaires peuvent s’effondrer très rapidement, mais à cette heure, il ne semble pas qu’il y ait des millions de personnes dans les rues des grandes villes iraniennes. Et la population tout entière n’a ni les capacités ni la volonté de se soulever contre ce régime tout de suite. »
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Israël a un atout, sa démocratie : « L’État hébreu a le soutien populaire pour des actions vues comme permettant de débarrasser le pays d’une menace existentielle. Donc je n’ai aucun doute qu’après, par exemple, les frappes sur les quartiers d’habitation, la population israélienne va évidemment faire bloc autour de son gouvernement. »
Alessandra Wyak
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