Ce samedi à Munich le PSG a été sacré champion d’Europe. Les Parisiens remportent ce titre après une victoire écrasante 5 à 0 face à l’Inter Milan. Pourtant l’équipe de Luis Enrique va devoir partager sa coupe avec le Qatar. L’économiste Nicolas Bouzou, invité de la matinale de Radio Classique décrypte comment le football est devenu un outil du soft power qatari.
« Champion mon frère ! Jour de gloire pour le PSG ! Bravo, nous sommes tous fiers. Paris, capitale de l’Europe ce soir » voilà comment Emmanuel Macron a célébré la victoire du PSG samedi sur son compte X. L’histoire du Paris SG débute il y a cinquante-cinq ans, et cette année il remporte pour la première fois la Ligue des Champions.
Devenir champion d’Europe, c’était l’objectif de Nasser Al-Khelaïfi, président du club depuis 2011. Cette ambition ne vient pas seulement de l’amour du ballon rond d’après l’économiste Nicolas Bouzou : « samedi c’était aussi la victoire du soft power Qatari. Le football c’est devenu sa nouvelle politique de puissance et de développement économique. »
Le budget annuel du club parisien est estimé à 900 millions d’euros, et le Qatar ne serait pas le seul à s’investir autant dans le sport affirme l’économiste : « si on regarde les trois principaux club de football dans le monde Manchester city, le Real Madrid et le PSG, deux sur trois qui sont détenu par un pays du Golfe.» Cette méthode porte même un nom, c’est le national branding qui permet via un moyen, ici le sport, d’exister et d’être connu dans le monde.
Le Qatar, nouveau leader du football
Selon Nicolas Bouzou le Qatar profite de cette victoire pour faire oublier d’autres événements embarrassants comme la publication la semaine dernière un rapport sur les Frères Musulmans. Le groupe terroriste est en partie financé par certaines élites qataries, mais le Qatar a tout de même été remercié pour la victoire de samedi : « c’est un grand écart. Il y a un vrai soucis d’ambiguïté du Qatar par rapport à l’islamisme. En même temps, il est vrai qu’il a complétement redressé ce club et lui permet aujourd’hui d’être à une place qui aurait dû être la sienne depuis longtemps » explique Nicolas Bouzou.
Le Qatar a permis de réels changements au sein de l’équipe : « Il faut bien reconnaitre que le Qatar a permis au PSG d’être un très grand club aujourd’hui au niveau européen voir mondial. Il ne faut pas oublier qu’on leur doit la fin du phénomène des hooligans qui était endémique il y a une quinzaine d’années. » Après sa victoire le PSG devrait toucher 149,5 millions d’euros.
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Et après un tel événement, on imagine un effet sur l’économie. Pourtant, ce ne serait pas le cas : « il n’y absolument aucun lien entre les victoires sportives et la situation économique. J’entendais dire en 1998 ou en 2018 que la victoire de l’équipe de France lors de la Coupe de monde de football allait avoir un effet positif sur l’économie, mais c’était complément absurde. »
Alessandra Wyak
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