Simon Boccanegra et ses déboires familiaux et politiques : Découvrez l’histoire du célèbre opéra de Verdi

Vincent Pontet/ONP

C’est un des plus grands, mais aussi un des plus sombres des opéras de Verdi : Simon Boccanegra raconte les déboires familiaux et politiques du plus célèbre des doges de Gênes.

En 1856, Giuseppe Verdi est au sommet de sa gloire après le succès de la trilogie populaire Rigoletto, Le Trouvère et La Traviata. Grande consécration pour l’époque, il est invité par l’Opéra de Paris pour la création d’une nouvelle œuvre : Les Vêpres siciliennes. Mais c’est également le moment que choisit la Fenice de Venise pour lui commander l’opéra qui devra marquer la saison du carnaval de Venise 1857.

Alors qu’il part pour Paris, le jeune maître de 43 ans annonce à son librettiste Francesco Maria Piave son idée pour son œuvre vénitienne : ce sera l’histoire d’un doge du XIVème siècle administrant Gênes, république rivale de Venise.

Enjeux politiques et drames personnels

La source dénichée par Verdi pour son opéra est une pièce de l’espagnol Antonio García Gutiérrez, qui avait fait jouer son propre Simon Boccanegra à Madrid en 1843. Si la pièce avait reçu du public une réception mitigée, elle plaît à Verdi qui en apprécie l’ambiance sombre et l’intrigue tortueuse, où se mêlent enjeux politiques et drames personnels. C’est d’ailleurs dans ce mélange unique que réside le secret de nombreuses dramaturgies de Verdi.

L’écriture du livret est supervisée activement par le maître en personne depuis Paris. Compositeur jamais satisfait, il n’a pas de scrupule à demander à une autre plume des changements substantiels aux vers de Piave qui lui paraissaient trop lourds. Finalement, ce n’est qu’un mois avant l’échéance qui lui avait été fixée que Verdi est en mesure d’envoyer sa musique à Venise.

Simon Boccanegra rencontre un échec immédiat

La première représentation a lieu comme prévu le 12 mars 1857, mais elle rencontre un échec immédiat auprès du public vénitien, qui reproche au compositeur la noirceur de l’ensemble. Non moins persuadé des qualités réelles de son œuvre, celui-ci va y apporter un nombre considérable de retouches à chaque cycle de représentations.

A lire aussi

 

Simon Boccanegra restera cependant un échec pendant un quart de siècle, avant 1981, où Verdi, après l’avoir reprise de fond en comble avec l’aide d’Arrigo Boito, parviendra à la faire accepter. Les deux hommes ont notamment renforcé l’intrigue politique de l’œuvre pour la mettre en lien avec la question de l’unité italienne, sujet d’actualité qui passionne la société de l’époque. Cette seconde version, magistrale, présentée à la Scala, qui reçoit enfin le triomphe qu’attendait Verdi.

Franck Ferrand vous en raconte l’intrigue :

Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte