« Je cherche des motifs mais ne me viennent à l’esprit que pâtés, truffes et autres choses semblables ». Si Gioachino Rossini est un fin gourmet – le tournedos Rossini aurait été créé en son honneur – toujours prompt à célébrer la vie par de fastueux repas, il sait aussi régaler les papilles auditives de ses convives avec quelques hors d’œuvres issus de ses Péchés de vieillesse.
Entre les pièces d’humeur aux titres pré-Satien – Prélude inoffensif, Etude asthmatique, Fausse couche de Polka Mazurka…, les évocations de ses racines italiennes – Les Gondoliers, Une pensée à Florence, Tarantelle aimante … – et les portraits de famille – Une caresse pour ma femme, A ma belle-mère – la nourriture occupe un mets de premier choix dans ce copieux recueil de pièces pour piano et voix que Rossini compose de 1857 à 1868, alors en pleine retraite à Paris.
Des différents volumes qui constituent cette œuvre, on peut citer les Quatre hors d’œuvres et quatre mendiants, où fruits secs s’associent aux aliments bruts : « Les Radis » / « Les Figues sèches », « Les Anchois » / « Les Amandes », « Les Cornichons » / « Les Raisins », « Le Beurre » / « Les Noisettes ». Une cuisine en apparence simple et anodine, bien loin de l’idée que l’on se fait d’un Rossini habitué aux grandes tables !
Rossini organisait des dîners et cuisinait lui-même
Il serait pourtant dommage de se fier à la rudesse des titres, chacune de ces pièces donnant à écouter une écriture musicale plus riche qu’on ne le pense, faite d’emprunts et de citations, de farces et d’imitations. Une ballade dans l’histoire de la musique où Rossini s’amuse à en être le chroniqueur. Une escapade culinaire où mélodie rime avec gourmandise et lyrisme avec appétit.
Cette impression de gourmandise n’en est que plus renforcée lorsqu’on sait que c’est Rossini lui-même qui en assurait l’exécution, chez lui, lors de dîners organisés.
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D’autres pièces savoureuses sont également à (re)découvrir, parmi lesquelles « Ouf ! Les petits pois », « Hachis romantique » ou bien encore « Petite galette allemande » dont l’interprétation d’Alessandro Marangoni vous mettra, à coup sûr, l’eau à la bouche ! :
Clément Serrano
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