L’autre vol des joyaux : le cambriolage des bijoux de la Couronne de France, en 1792

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Toute ressemblance avec des évènements actuels, etc. Retour sur le plus grand cambriolage de tous les temps, le vol des joyaux de la Couronne de France, en septembre 1792.

En septembre 1792, alors que la France révolutionnaire vacille au bord du gouffre, un événement extraordinaire vient stupéfier la toute jeune Convention Nationale. Le 17 au matin, le ministre de l’Intérieur Roland de la Platière monte à la tribune et annonce d’une voix blanche l’impensable : le Garde-Meuble de la Couronne a été forcé et pillé. Les joyaux ont disparu.

Mais de quels joyaux parle-t-on exactement ? Contrairement à une idée reçue, le plus fabuleux trésor royal d’Europe ne se trouvait pas à la Tour de Londres, mais bien en France. Une accumulation unique et vertigineuse de merveilles : 9 500 très grands diamants, plus de 500 perles de très grosse taille, 230 rubis spinelle, 150 émeraudes, 130 saphirs… Sans compter les pièces d’orfèvrerie extraordinaires et les objets liturgiques à couper le souffle. À la Révolution, on estime l’ensemble à 30 millions de livres, soit l’équivalent de bien plus d’un milliard d’euros actuels. Le seul diamant « Le Régent », le plus gros du monde à l’époque, vaut à lui seul 12 millions de livres.

Des diamants à l’éclat inédit

Cette collection inestimable a été constituée au fil des siècles, depuis François Ier qui la rendit inaliénable après sa défaite de Pavie. Louis XIV l’enrichit considérablement grâce aux fabuleux Mazarin et aux expéditions de Jean-Baptiste Tavernier. Le Régent ajoutera le célèbre diamant qui porte son nom. Sous Louis XVI, on retaille nombre de pierres selon les nouvelles techniques, leur donnant un éclat inédit.

Ce trésor national est conservé au Garde-Meuble de la Couronne, place Louis XV (future place de la Concorde), dans l’actuel Hôtel de la Marine. Son directeur, Thierry de Ville d’Avray, proche du roi, veille jalousement sur ces merveilles. En 1791, les députés méfiants exigent un inventaire complet, établi par une commission d’experts.

L’homme chargé de protéger le trésor est égorgé

Mais en ce mois de septembre 1792, la France traverse l’une des passes les plus terribles de son histoire. La monarchie vient d’être suspendue le 10 août. Les troupes prussiennes envahissent l’est du pays, Longwy est tombée. À l’intérieur, c’est l’anarchie : Girondins et Montagnards se déchirent, et dans les prisons, des éléments incontrôlables massacrent les détenus royalistes. Ce sont les sinistres « massacres de septembre ». Thierry de Ville d’Avray lui-même est égorgé le 6 septembre.

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C’est dans ce chaos absolu que survient le cambriolage. Et ce qu’il y a d’incroyable dans cette affaire, c’est que les voleurs ne sont pas venus une seule fois : ils sont revenus quatre nuits consécutives, sans être dérangés ! On retrouvera même dans les caniveaux des joyaux que les malfrats n’ont pas pris la peine de ramasser dans leur fuite…

Mais qui a commandité ce casse historique ? Danton et les Montagnards, qui auraient utilisé le butin pour acheter la victoire de Valmy ? Des serviteurs royalistes cherchant à sauver le trésor ? Et que sont devenus ces joyaux extraordinaires ? Franck Ferrand vous dit tout…

 

 

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