Dvorak : apprenti boucher, passionné de trains… 5 choses à savoir sur le père de la Symphonie du Nouveau Monde

MARY EVANS/SIPA

Le séjour d’Antonin Dvorak aux Etats-Unis parachève un parcours triomphal. Le compositeur tchèque, qui était apprenti boucher en Bohême, va devenir directeur du conservatoire de New York. Découvrez ces anecdotes sur la vie du musicien tchèque le plus célèbre au monde.

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1 – Fils d’aubergiste, Dvorak entreprend une formation de boucher

Le père de Dvorak était boucher et aubergiste. Dans cette Mitteleuropa du milieu du XIXe siècle, la population est imprégnée de musique. Le jeune Antonin joue du violon dès l’âge de 5 ans. Cela ne l’empêche pas d’apprendre le métier de boucher, à une époque où ils tuent eux-mêmes les bêtes.

En 1857, alors qu’il a 16 ans, il part pour Prague, à pied, accompagné par son père. Il entre au conservatoire de la ville, où il acquiert les rudiments de la musique classique, sans se passionner vraiment pour les études théoriques. Il en sera pourtant directeur 34 ans plus tard !

2 – Dvorak est accablé de chagrin après la mort, coup sur coup, de trois de ses enfants 

Antonin Dvorak a la douleur de voir mourir trois de ses enfants. Joseph, l’aîné, qui meurt deux jours après sa naissance, Ruzena qui s’empoisonne mortellement à l’âge de 1 an, et trois semaines plus tard, à l’été 1877, Otakar succombe de la variole.

Le musicien est complètement accablé de chagrin, lorsqu’il termine son Stabat Mater, œuvre poignante qui va le faire connaître à l’étranger.

3 – Dvorak reçoit une offre généreuse du conservatoire de New York

Le 6 juin 1891, Antonin Dvorak reçoit un télégramme. Une invitation inattendue à diriger le conservatoire national de New York à partir d’octobre 1892.

Jeanne Thurber / wikimedia commons

 

La proposition émane de Jeannette Meyer Thurber, l’épouse d’un homme richissime qui a fondé l’American Opera Company et le Conservatoire. Elle propose donc à Dvorak d’enseigner deux ans au Conservatoire avec des appointements de 15 000 dollars annuels, c’est-à-dire presque 30 fois supérieurs à ses revenus à Prague.

4 – Passionné de trains depuis qu’il a 9 ans, Dvorak découvre les chemins de fer américains

Pendant les trois années qu’il va passer aux États-Unis, Antonin Dvorak restera essentiellement à New York. Ce passionné de trains aime ceux de cette côte Est américaine. Rien ne l’amuse davantage que de prendre la ligne à ciel ouvert. Il se promène, s’imprègne de l’excitation qui existe dans ces chemins de fer américains, de la poussière, du vacarme de la grande ville qu’est en train de devenir New York.

Même à un âge avancé, Dvorak gardera l’habitude de se rendre tous les matins à la gare François-Joseph de Prague pour le plaisir de regarder les trains et de relever leurs numéros. Et quand par hasard, il a une leçon et qu’il ne peut pas y aller, il envoie un de ses élèves noter quelle locomotive tracte L’Express de Vienne ce jour-là.

5 – Dvorak s’est inspiré de la musique noire et indienne

Dvorak surprend, aux États-Unis, parce qu’il s’intéresse plus aux sources populaires locales qu’aux recettes germaniques et italiennes auxquelles le goût américain avait pourtant fini par s’adapter.

Instinctivement, il se rapproche de la musique des Indiens, et de la musique des Noirs qui, à l’époque, était complètement proscrite. Dvorak n’en a que faire des préjugés raciaux.

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Il s’inspire de ce qu’il entend et de ce qu’il voit. Il se lie avec un arrangeur et chanteur de negro spiritual qui s’appelle Henry Thacker Burleigh. Il découvre des vieilles chansons de plantation, notamment le Swing low, sweet chariot, dont on trouvera une réminiscence dans la Symphonie du Nouveau Monde.

Franck Ferrand

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