Hausse du carburant : La « précarité mobilité » touche de plus en plus de Français

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Les prix des carburants sont repartis à la hausse la semaine dernière. Le litre est passé à nouveau au-dessus des 2 euros dans les stations-service. Cette hausse est durement ressentie par de nombreux Français dépendants à la voiture en France.

5 millions de Français sont obligés d’utiliser leur voiture quotidiennement

13 millions de Français sont en 2022 en situation de « précarité mobilité » selon le baromètre publié le 29 mars par la Fondation pour la Nature et l’Homme. 4 millions de personnes ne disposent d’aucun équipement individuel de mobilité. Autant de Français donc qui ne possèdent ni voiture, ni vélo, ni même un abonnement à un service de transport en commun. Selon la FNH, 9 millions sont des « précaires mobilité ». Marie Cheron responsable des dossiers transports pour l’ONG, décrit le profil de ces précaires de la route : « ces personnes ont à la fois des revenus bas et sont obligées d’utiliser une voiture thermique au quotidien. Au vu des coûts du logement dans les centres urbains, ces précaires habitent souvent loin de leur lieu de travail et possèdent une voiture souvent vieillissante qui consomme énormément. Il est important d’endiguer ce cercle vicieux qui marginalise ces citoyens ».

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En effet, plus de 3,5 millions de personnes sont concernées par la précarité carburant. Ce qui signifie qu’ils dépensent en carburant plus de 5% du budget du ménage en trajets quotidiens. Ensuite plus de 4 millions sont en situation de vulnérabilité. C’est-à-dire avec des bas revenus et des longues distances à effectuer. Enfin la 3ème catégorie concerne ceux qui déclarent ne pas avoir d’autres choix que la voiture pour se déplacer. Cela représente à peu près 5 millions de Français : « le facteur de choix est primordial pour ce public. Nombreux sont ceux qui n’ont d’autres alternatives que d’utiliser la voiture pour se rendre au travail. Si l’on ajoute à ce facteur, la hausse du prix du carburant et des distances à parcourir de plus en plus longues, cela entraîne forcément une croissance de la précarité ». Ces résultats ont été obtenus fin 2021 après une enquête réalisée auprès de 13 000 Français. Ce bilan résonne encore différemment en 2022 avec l’envolée des prix des carburants. Si l’aide annoncée par le gouvernement d’une réduction de 18 centimes à la pompe est une mesure nécessaire, elle ne semble malheureusement pas suffisante : « le chèque carburant ne résout pas le problème. Il faut trouver de vraies solutions car si cela coûte aujourd’hui 3 milliards d’euros à l’Etat, la facture risque d’être beaucoup plus salée dans 10 ans ».

 

« Le chèque carburant de 18 centimes ne résout pas le problème »

La FNH et son partenaire, Wimoov, spécialisée dans l’accompagnement de la mobilité des plus fragiles, plaident pour un plan d’accompagnement massif vers les mobilités durables. Selon Florence Gilbert, directrice de Wimoov, il existe effectivement des solutions collectives : « il faut accompagner ces Français vers l’utilisation de modes alternatifs, tels les transports en commun, le covoiturage ou le vélo. Pour cela il faut créer des infrastructures et un environnement qui favorisent leur utilisation afin de ne plus être contraint à la voiture individuelle ». Créer des aires de covoiturage, développer les infrastructures, favoriser le vélo et le transport à la demande dans les zones rurales sont donc autant de solutions pouvant réduire la dépendance à la voiture. En prime, cela pourrait nous permettre d’atteindre nos objectifs climatiques. Rappelons que le secteur des transports représente encore 30% des émissions totales de gaz à effet de serre en France.

Baptiste Gaborit 

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