Restaurants : Avec la fin des aides, l’heure de vérité pour le secteur

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Pour les restaurants, ce 30 juin marque une étape importante, puisque la dernière restriction qui pesait, celle des jauges de maximum 50% de taux d’occupation à l’intérieur et de pas plus de six personnes par table va sauter. Mi-mai, les terrasses avaient rouvert, c’était un premier bol d’air. Le 9 juin, les terrasses avaient pu être occupées à 100% et le couvre-feu avait été repoussé à 23 heures. On y a été par étapes mais on est presque revenu sur le papier à une situation d’avant-covid ou presque.

On va moins au restaurant mais on se fait un peu plus plaisir, estime le cabinet d’études Food Service Vision

Il y a eu une vraie envie de retour au restaurant et au bar, mais il n’y a pas eu de miracle. D’abord parce que la météo a été plutôt mauvaise depuis deux semaines, ensuite parce qu’il y avait encore des restrictions. Si on veut voir le verre à moitié plein on peut dire qu’un tiers des additions sont plus élevées qu’avant le Covid. On va moins au restaurant, mais on se fait un peu plus plaisir, estime le cabinet d’études Food Service Vision. On choisit davantage l’entrée-plat-dessert que le plat du jour, et on vient en famille.

 

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Les familles représentent un petit tiers de la fréquentation contre 20% des additions lors du premier déconfinement. Mais les chiffres restent quand même cruels : en avril le chiffre d’affaires était en chute de 75%. En mai ce n’était que –54%, c’est mieux mais ce n’est pas bon. Et surtout, tous les restaurants ne sont pas égaux face à la crise. Dans la restauration rapide on est presque revenu à la normale mais pas du tout dans les chaînes de restaurants ou chez les indépendants.

 

Food Service prévoit un taux de remplissage de 86% par rapport à la normale à la fin de l’été

Le secteur de la restauration a perdu plus du tiers de son chiffre d’affaires, mais il a aussi reçu beaucoup d’aides. Pour les indépendants ou ceux qui ont pu faire beaucoup de livraisons, la casse sera limitée. Mais pour tout le secteur, l’heure de vérité arrivera avec la fin des aides. La fin du chômage partiel, les prêts qu’il va falloir rembourser, alors qu’on est dans un contexte de hausse des prix des matières premières. Et puis on le sait, il y a une forme de pénurie de main d’œuvre qui risque d’obliger certains à augmenter les salaires.

 

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Et le développement du télétravail va amener plus de gens à manger chez eux. Le secteur est « pris en sandwich » entre des coûts en hausse et des revenus en baisse. A la fin de l’été, les restaurants seront sans doute revenus à la normale, Food Service prévoit un taux de remplissage de 86% par rapport à la normale et la livraison va se développer. On va rester prudent et espérer qu’il n’y aura surtout pas de nouvelle vague de Covid à la rentrée.

David Barroux

 

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