Reprise de la production automobile : une prime à la casse est-elle la seule solution ?

L’industrie automobile française appelle à l’aide. Si des usines redémarrent, les cadences sont si faibles que la production n’est pas rentable. Une prime à la casse pourrait sauver le secteur, qui emploie 1 million de personnes avec les sous-traitants ou les garagistes.

Les ventes ont chuté de 72% en mars, sans doute de 100% en avril

L’industrie automobile est majeure en France. On a Renault et PSA mais aussi Michelin, Valéo ou Faurecia et pleins d’ETI et de PME qui en dépendent. C’est un secteur qui emploie presque 1 million de personnes dans l’industrie mais aussi dans les services comme les concessions ou les garages. Et aujourd’hui, ce secteur est à l’arrêt.

 

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L’usine Toyota de Valenciennes vient de rouvrir sur la pointe des pieds. Les usines Renault vont progressivement reprendre à petit régime. Seulement, le redémarrage sera très lent, très progressif… Le secteur est très inquiet. La situation ne s’avère pas aussi catastrophique que le tourisme ou la restauration, parce qu’il y a un début de redémarrage très lent.

 

 

Mais la productivité est nulle ; ce n’est donc pas une reprise rentable. Chez Toyota, ils vont assembler 50 voitures par jour contre 1.000 en temps habituel. Et puis surtout, les ventes se sont effondrées de 72% en mars. Sans doute de 100% en avril.

 

Une prime à la casse, pour l’achat d’une voiture électrique, pourrait relancer la production

Dans le monde, l’année sera à moins 30% au moins. La réparation, qui est très rentable, est aussi à l’arrêt et pas seulement parce que les gens n’ont plus d’accidents. On s’oriente vers la pire crise de l’histoire de l’automobile. Pour favoriser le redémarrage de l’industrie auto, il faut faire repartir les ventes, ce qui permettra de faire repartir les usines.

 

 

Car les constructeurs ne vont pas produire pour gonfler les stocks. Afin de donner envie à des consommateurs ou des entreprises d’acheter des voitures, alors qu’ils vont plutôt être prudents, il n’y a pas de recette miracle. La seule solution est une prime à la casse. Les constructeurs ont beaucoup investi dans la voiture électrique.

 

 

On pourrait imaginer une incitation fiscale qui pousserait à acheter des voitures électriques assemblées en Europe. Cela permettrait de relancer l’emploi, l’économie et d’éviter que la transition écologique soit la victime collatérale de la crise du coronavirus.

 

David Barroux