Café: pourquoi la flambée des cours ne devrait pas vous affecter

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Le café risque d’avoir un goût un peu amer pour certains, depuis le début de l’année, le prix de la livre d’Arabica a bondi de 60% et le Robusta affiche un joli +40%. L’Arabica est même repassé au-dessus des 2 dollars la livre, ce qui ne lui était pas arrivé depuis octobre 2014.

Brésil : Vague de froid et épisodes de sécheresse responsables de la hausse du prix du café

Cette flambée du cours du café n’est pas une simple inflation post-Covid et peut s’expliquer par un mélange de facteurs conjoncturel et structurel. Le café qui était principalement consommé dans les pays occidentaux est en train de conquérir le monde et même les buveurs de thé asiatiques se mettent à l’Espresso. Lorsque tout se passe bien sur le front de la production, l’offre et la demande s’équilibrent pratiquement et les prix restent stables ou progressent doucement. Pourtant le rendement des cafetiers n’est pas uniforme puisqu’il est plus bas une année sur deux.

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De plus, cette année la météo complique la situation. Vague de froid et épisodes de sécheresse au Brésil impactent directement la production du troisième plus gros producteur de la planète. La demande dépasse l’offre entraînant une hausse des prix du fait de la mondialisation et de la transparence du marché.

La matière première flambe, mais pas le prix du produit final

Les consommateurs ne paieront pour autant pas plus cher leur café, ou du moins pas tout de suite. Et si jamais les prix augmentent, ce ne sera pas de beaucoup, car c’est déjà une des boissons sur lesquels les cafetiers réalisent la meilleure marge. En outre, si la note du consommateur n’augmente pas ou peu, c’est parce que le café qui est bu actuellement à travers le monde ne vient pas d’être récolté, car les torréfacteurs ont des stocks et achètent en avance. D’autant que le prix de la matière première ne compte que partiellement dans le produit final puisqu’il faut également comptabiliser les coûts allant du salaire du paysan, des transporteurs, des intermédiaires aux dépenses de marketing et de distribution. Si un kilo d’Arabica coûte environ 4 euros, le montant d’un kilo de café moulu en paquet est de 15 euros et en dosette le prix s’élève même à 45 euros le kilo. Le prix final ne bouge donc que peu même si le prix de la matière première progresse.

David Barroux

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