Une myriade de mesures pour trouver 54 milliards d’économies : le gouvernement a présenté hier son budget de redressement pour la France. Le projet de loi de finances (PLF) sera ensuite examiné par les députés, qui pourront apporter des modifications. Malgré les engagements du Premier ministre Sébastien Lecornu, les entreprises vont payer pour le redressement des finances publiques, de 20 à 29 milliards. En exclusivité pour Radio Classique, le président du Medef Patrick Martin a réagi.
Le Budget 2027 est présenté dans un contexte économique particulièrement sombre, c’est ce que tient d’abord à souligner Patrick Martin, qui vient de publier Génération empêchée aux éditions de L’Observatoire : « Il faut partir de la situation exacte de l’économie à ce jour : elle n’est pas bonne. Il n’y a pas de croissance, et mon pronostic, c’est même qu’on est en légère récession dès à présent. Il n’y a plus de création d’emploi, il y a même des destructions d’emploi dans le privé, et toujours des créations d’emploi dans le public ».
Le président du Medef reconnaît que les dispositions du projet de loi de finances, présenté hier par le gouvernement, prennent en compte la gravité de la situation, mais il dénonce un remède pire que le mal. Les mesures vont selon lui « affaiblir encore la production française, donc potentiellement l’emploi, l’investissement et la croissance ».
Patrick Martin dénonce l’augmentation du coût du travail
Le point le plus néfaste selon lui est « l’augmentation du coût du travail, au moins 8,5 milliards d’euros sur les allègements de charge sociale, qui n’ont absolument pas augmenté depuis 2019 en proportion du Produit Intérieur Brut, contrairement à ce que disent beaucoup. On a créé des emplois et augmenté les salaires. Si pour réduire les aides, il faut baisser les emplois et baisser les salaires, qu’on nous le dise. C’est absurde ».
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Patrick Martin pointe également les nouveaux transferts qui vont impacter le coût du travail sur les complémentaires santé « donc sur les entreprises et les salariés ». Plus grave selon lui, au moment où « à bon droit » les salariés demandent des augmentations de salaire au regard de l’inflation, « on vient rogner les marges de manœuvre des entreprises. C’est ça le plus cruel ».
Patrick Martin : « Il ne fallait évidemment pas revenir sur la réforme des retraites »
« Je crains le pire pour le texte en sortie du Parlement, si d’entrée de jeu, [il y a] ces tendances-là pour ce projet de loi de finances et ce projet de loi de finances de la Sécurité sociale », poursuit le président du Medef, évoquant le contexte d’instabilité qui règne au Palais Bourbon.
Plus largement, Patrick Martin déplore la suspension de la réforme des retraites : « ce sont les retraités qui vont le payer cette année », glisse-t-il, puisque le PLFSS, en l’état, prévoit de ne pas revaloriser les pensions au-delà de 1 260 euros et de réduire l’abattement fiscal des retraités.
« Malgré la difficulté politique des temps, il faut que des décisions courageuses soient prises », estime Patrick Martin.
Béatrice Mouedine
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