Le film Bernadette est-il fidèle à la réalité ? Pour le savoir, David Abiker recevait ce mercredi Jean-Luc Barré, le biographe de Jacques Chirac. Il a commenté la sortie de ce long-métrage très attendu, avec Catherine Deneuve dans le rôle de Bernadette Chirac.
L’éditeur Jean-Luc Barré est celui qui a accompagné l’ancien président dans la rédaction de ses Mémoires, succès de librairie vendu à 500.000 exemplaires. Il a vu en avant-première Bernadette de Léa Domenach avec dans le rôle-titre la plus glamour des comédiennes françaises, Catherine Deneuve.
Un choix surprenant ? « Oui, car je n’ai pas retrouvé Bernadette. Finalement la meilleure actrice, c’est [Bernadette Chirac] elle-même, tellement drôle » n’hésitant pas à multiplier les « vacheries » à l’égard de son mari et de sa fille Claude.
Bernadette Chirac à son mari : « Vous savez bien que je vous ai fait »
« La première fois que je l’ai rencontrée, elle m’a dit du mal de lui ». Mais attention, « c’était un jeu », souligne l’écrivain, car elle l’a accompagné toute sa vie, notamment dans son parcours politique. « Vous savez bien que je vous ai fait », lui a-t-elle même déclaré devant Jean-Luc Barré.
Si on se souvient de sa silhouette gracile, discrète derrière Jacques Chirac, elle a toujours été en réalité « un animal politique ». L’invité de David Abiker égraine tous ces moments où elle était présente : « elle l’a accompagné dans toutes ses campagnes, sur les marchés corréziens dès 1967, c’est même elle – avec Georges Pompidou – qui l’a poussé à faire de la politique ».
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Elle est d’abord « restée à sa place », décrit Jean-Luc Barré, puis elle a vu les erreurs de son mari, qui l’ont poussée à se mettre davantage en avant. Le tournant, selon l’éditeur, a été celui de la dissolution de l’Assemblée nationale en 1997. Bernadette Chirac était en désaccord total avec cette décision, à la fois par « sens politique » et parce qu’elle « détestait » Dominique de Villepin, qui l’avait préconisée. « Elle dénigrait tous ceux que son mari aimait bien. Elle prenait le parti inverse pour équilibrer les choses », analyse l’écrivain. Car même s’ils n’arrêtaient pas de se chamailler, « ils étaient inséparables ».
Béatrice Mouedine