Robert Badinter au Panthéon : grand mélomane, il a écrit le livret d’un opéra !

ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Un hommage national sera rendu aujourd’hui à Robert Badinter, qui entrera solennellement au Panthéon vingt mois après son décès en février 2024. L’ancien avocat, Garde des Sceaux et président du Conseil Constitutionnel était également un grand mélomane. Il a aussi été librettiste.

L’entrée au Panthéon de Robert Badinter ce 9 octobre ne doit rien au hasard : il s’agit de la date anniversaire de la promulgation, le 9 octobre 1981, de la loi sur l’abolition de la peine de mort qu’il avait portée alors qu’il était Garde des Sceaux.

On sait que Julien Clerc chantera, lors de cette cérémonie, sa chanson L’Assassin assassiné (paroles de Jean-Loup Dabadie) pour laquelle Robert Badinter l’avait chaleureusement félicité. On peut imaginer que la musique classique sera également très présente lors de cet hommage national, tant l’ancien homme d’État et de justice était un mélomane averti.

Robert Badinter a écrit le livret du premier opéra de Thierry Escaich

Parmi ses grandes passions musicales, Robert Badinter revenait souvent sur Jean-Sébastien Bach et surtout ses Variations Goldberg interprétées par Glenn Gould dont il admirait le style « dépouillé » sur certains passages et qu’il écoutait fréquemment. Passion également pour l’œuvre opératique de Wolfgang Amadeus Mozart dont il appréciait particulièrement l’interprétation de Cosi fan tutte en 1962 par Elisabeth Schwarzkopf et Alfredo Kraus sous la direction de Karl Böhm.

Au site Diapason, Robert Badinter avait déclaré : « Tout dans le théâtre mozartien me touche profondément, mais l’ironie amère, la tendresse distanciée de Così en sont pour moi la quintessence, particulièrement dans les duos entre Fiordiligi et Ferrando ».

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L’art lyrique, qu’il avait découvert avec son père à Lyon, alors en zone libre en 1942, à l’occasion d’une représentation de La Belle Hélène de Jacques Offenbach, était pour lui « une véritable histoire d’amour qui ne s’est jamais démentie ». « L’expression la plus complète de l’art », confiait-il.

Un amour tel qu’à la demande de la Biennale de musique contemporaine, il rédigea un livret pour l’opéra Claude, sur une musique de Thierry Escaich. Un œuvre inspirée par la nouvelle Claude Gueux, écrite par Victor Hugo en 1834. Cet opéra a été dirigé par Jérémie Rhorer dans une mise en scène d’Olivier Py en mars 2013 à… Lyon.

Philippe Gault

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