Te Deum pour Notre-Dame : « dans l’histoire de France, c’est ce que l’on réserve pour les grandes occasions », affirme Thierry Escaich

Crédit : Christophe Petit Tesson/AP/SIPA

Six mois après la réouverture de Notre-Dame, l’organiste et compositeur Thierry Escaich a créé un Te Deum à cette occasion. En exclusivité, découvrez les premières notes de cette musique sacrée sur Radio Classique. En concert à 20h30 ce soir dans la cathédrale, il livre les secrets de cette création dans la matinale.

L’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, souhaitait étendre la période de réouverture de la cathédrale Notre-Dame sur six mois. La Pentecôte, le 8 juin dernier, a signé la fin de ce cycle. La saison musicale ne touche pas pour autant à sa fin, comme l’a annoncé l’organiste Thierry Escaich : « On a voulu finir ce cycle de réouverture de la cathédrale par un Te Deum. »

Intitulé Te Deum pour Notre Dame, il est interprété ce soir par son compositeur, qui est l’organiste titulaire de la cathédrale depuis décembre. Il explique : « Un Te Deum, c’est un chant de louange qui date du VIe siècle. Son texte était chanté par les moines dans les matines le matin. Il est réservé dans l’histoire de France pour de grandes occasions. Napoléon a commandé des Te Deum, l’Église aussi, la royauté pour fêter une fin de guerre. Donc c’est un chant de louange pour fêter un grand événement. »

Un travail minutieux

« Je pense que les compositeurs sont d’abord des architectes », affirme Thierry Escaich. Pour créer les fondations de son œuvre, il lui a fallu passer par plusieurs étapes : « J’ai d’abord passé deux mois à sélectionner tous les textes. Ensuite, j’ai choisi l’ordre dans lequel j’allais les mettre. Et c’est seulement après que j’ai commencé à écrire les premières notes de ce Te Deum. »

Il nous plonge quelques instants dans la mise en scène qui est prévue ce soir : « On commence avec l’ancien chant du Te Deum latin, que les habitués de la messe vont reconnaître, interprété par quatre chanteurs au fond de l’église. Ensuite, il y a une spécificité : c’est que l’orgue ne jouera pas au même moment que l’orchestre, qui est d’ailleurs face au chœur de Notre-Dame. Je ne ferai que lui répondre. Et la surprise, c’est que je vais improviser certains moments. »

La transcendance musicale

En tout, le Te Deum dure 45 minutes. Nombreux sont les artistes présents : « Le directeur de la Maîtrise, Henri Chalet, a décidé de me faire cette commande. Il a fait appel à l’Orchestre Symphonique de Francfort, au chœur de Wroclaw et à la Maîtrise de Notre-Dame, donc ça va être un spectacle grandiose ! », dévoile l’organiste.

Il se confie sur une chose qui est importante pour lui ce soir : « À chaque note que je compose, je veux transmettre. Et dans la musique sacrée, ce que l’on veut transmettre, c’est la transcendance. »

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Pour lui, cette expérience va au-delà du domaine religieux : « Le sacré, c’est donner cette puissance, par la densité de la musique, d’aller vers la transcendance, d’aller vers plein d’endroits différents. Par exemple, moi j’ai écouté Only God Knows des Beach Boys en sortant de Notre-Dame hier soir. » Une manière de rendre hommage à Brian Wilson, le chanteur et cofondateur du groupe, qui est décédé hier à l’âge de 82 ans.

Alessandra Wyak

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