Le cofondateur des Beach Boys, Brian Wilson, est décédé à l’âge de 82 ans, a annoncé mercredi sa famille dans un communiqué. Leader et inspirateur de génie du célèbre groupe américain, il inventa la bande-son du mythe californien des années soixante.
De 1962 à 1966, ce prodige de la pop américaine composa la musique la plus heureuse du rock avec plus de 200 hymnes au soleil, au surf et aux filles bronzées (Surfin’ USA, I get around, Fun Fun Fun, Surfer girl) et fit des Beach Boys le groupe américain ayant vendu le plus de disques au monde.
Né le 20 juin 1942 en Californie, Brian Wilson trouve dans la musique un refuge et joie. Autour de l’orgue Hammond du salon, il apprend à ses frères les harmonies du jazz et des airs de gospel. En 1961, à Hawthorne, en banlieue de Los Angeles, il forme un groupe avec ses deux frères Dennis et Carl, son cousin Mike Love et un voisin, Al Jardine.
Après un premier titre Surfin‘ (1961), mariant le rock de Chuck Berry et de Little Richard et les harmonies vocales des “Four Freshmen“, les cinq jeunes gens s’adonnent à la “surf music“. Fin 1962, avec Surfin’ USA, tous les adolescents connaissent les Beach Boys.
Brian Wilson fut l’égal des Beatles
De ses 19 à 24 ans, le bassiste et chanteur fut à lui seul l’égal des Beatles. John Lennon considérait « Pet Sounds » (1966) comme l’un des meilleurs albums de tous les temps. Après l’innocence des premières compositions, le chanteur y ruminait la perte de la jeunesse et engageait son groupe vers un rock plus psychédélique aux origines de la culture hippie.
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En 1966, il dévoile Good Vibrations, un mille-feuille sonore monté en six semaines. Le single se vend à un million d’exemplaires aux Etats-Unis. Avec Van Dyke Parks, un musicien proche de la Beat Generation, il s’engage dans Smile, “une symphonie adolescente à Dieu“. Ils enregistrent des dizaines de thèmes (grognements, perceuse, rires hystériques) pour créer un système d’échos proche du mur du son de Phil Spector.
Internements, cures et rechutes
Mais en 1967, sa santé mentale dégradée par une folle consommation de drogues le fait exploser en plein vol, le rendant incapable de finir Smile. C’est à l’heure de la retraite en 2002, après une longue pause émaillée d’internements, de cures et de rechutes, qu’il parachèvera son chef d’œuvre.
Remarié et père de cinq enfants adoptés (7 en tout), « le Mozart de la pop » se repenche sur Smile. D’abord en concert puis sur un disque, Brian Wilson redonne une forme cohérente à cet album devenu entretemps le mythe de sa jeunesse retrouvée.
Atteint de démence à la fin de sa vie, il avait été placé sous tutelle en mai 2024.
Philippe Gault (avec AFP)
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