Un somptueux (triple) album met à l’honneur les deux Concertos pour piano.
En 2015 à Munich, Igor Levit avait remplacé au pied levé un collègue dans le Concerto pour piano n° 21 de Mozart. Christian Thielemann dirigeait alors la Staatskapelle de Dresde. Une première collaboration au débotté – même si les deux musiciens étaient curieux l’un de l’autre – qui nous vaut aujourd’hui celle, plus réfléchie, de cette intégrale des Concertos de Brahms.
« Nous avons une façon de penser tellement similaire qu’il n’est pas nécessaire de discuter de beaucoup de chose », déclare le chef à quoi le pianiste surenchérit : « Lorsque l’œuvre commence, j’ai tout simplement une confiance totale en vous. Je sais que je ne peux pas me tromper. Une telle confiance inconditionnelle est extraordinaire. »
Le jeu d’Igor Levit se distingue par sa spontanéité
Sans doute un Maurizio Pollini aurait-il pu faire sienne cette remarque, lui qui enregistra ces deux concertos aux côtés du même Thielemann et de la Staatskapelle de Dresde devant les micros de Deutsche Grammophon (live 2011 et 2013). C’est ici le Philharmonique de Vienne qui officie – une phalange que le chef connait funditus – dans la salle du Musikverein à l’acoustique très appréciée du compositeur.
S’il passe pour intellectuel, le jeu d’Igor Levit se distingue en l’occurrence par sa spontanéité, notamment dans les quatre cahiers de Klavierstücke qui forment le programme du troisième disque. Plutôt que de déconstruire chaque pièce, le pianiste germano-russe prend l’auditeur par la main et le conduit à travers ce paysage musical qu’on dit automnal tant la mélancolie y baigne dans une lumière à la fois dorée et rougeoyante.
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« La musique ne Brahms ne peut pas vous laisser indifférent. C’est physiquement et émotionnellement impossible. Prenez l’op. 118 n° 2, par exemple, c’est comme une flèche tirée directement dans votre cœur. C’est tout simplement la musique la plus belle, la plus touchante et la plus tendre que l’on puisse imaginer », confesse Igor Levit ; une appréciation à laquelle tout auditeur de ce coffret ne manquera pas de souscrire.
Jérémie Bigorie
Johannes Brahms : Concertos pour piano. Pièces pour piano op. 116, 117, 118 et 119. Igor Levit (piano), Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Christian Thielemann (3 CD Sony)
Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.
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