« Un thème qui blesse les chrétiens » : un opéra urbain fait bondir les autorités religieuses de Toulouse

Pauline David - Compagnie La Machine

Opéra urbain de machines géantes organisé fin octobre à Toulouse et « grande fête pour la ville » selon ses organisateurs, le spectacle Le Gardien du Temple – La Porte des Ténèbres fait bondir les églises catholiques et protestantes qui y voient une promotion de l’obscur.

Plus grand spectacle jamais monté par la compagnie de théâtre de rue La Machine, Le Gardien du Temple – La Porte des Ténèbres va voir 3 géants de bois et d’acier parcourir Toulouse du 25 au 27 octobre, à quelques jours d’Halloween et de la fête catholique de la Toussaint. Astérion le Minotaure, mi-homme mi-taureau, et sa demi-sœur Ariane, araignée de 38 tonnes et 20 m d’envergure, l’avaient déjà arpentée en 2018 sous le regard de plus de 800.000 personnes.

Cette année, ils seront rejoints par Lilith, mi-femme à cornes de bouc, mi-scorpion à pattes de crabe, construite pour l’édition 2024 du Hellfest, festival de musique métal organisé près de Nantes, l’autre port d’attache de La Machine.

Une initiative qui choque les églises catholiques et protestantes de la ville rose. Monseigneur Guy de Kerimel y voit « une symbolique satanique » et un « thème qui blesse les chrétiens ». « Je suis là pour dire que ce spectacle est ténébreux », a ajouté l’archevêque de Toulouse qui souhaite plutôt « redonner de l’espérance » à une société qui se laisse « fasciner par les ténèbres ».

« Des thématiques spirituelles inquiétantes »

Côté protestants, pas de messe de consécration mais l’on « s’étonne et s’alarme » également de voir Toulouse transformée en porte des ténèbres. Cette œuvre soutenue par des fonds publics « flirte avec des thématiques spirituelles inquiétantes » selon la Fédération protestante de France.

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« Ce n’est pas les églises qui brûlent, c’est la ville qui est en feu », a répondu lors d’un point-presse le directeur artistique de La Machine, François Delarozière, s’amusant du fait qu' »une iconographie moyenâgeuse lance un débat (…) presque moyenâgeux ». « Je ne perçois pas ce spectacle comme une promotion des valeurs du Mal », a de son côté affirmé le maire (DVD) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui se dit étonné par la polémique alors qu’il n’y avait eu « aucune critique » en 2018. « En aucun cas, je n’ai voulu stigmatiser une communauté », a-t-il précisé, préférant parler d' »une grande fête pour la ville » devenue « un immense décor de théâtre ».

Le spectacle urbain a été initié et financé par la métropole de Toulouse pour un coût total de 4,7 millions d’euros et est l’un des évènements-phares de son année culturelle.

Philippe Gault (avec AFP)

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