« 10 ans pour former un luthier » : Reportage au cœur de la prestigieuse école de Mirecourt, récemment récompensée

Crédit : Valérie Beausert-Leick.

Mirecourt, située dans les Vosges, accueille la seule école de lutherie publique destinée à concevoir les instruments du quatuor à cordes en France. Fondée en 1970, elle est accessible après le Bac, pour une durée d’étude de trois ans. Les élèves viennent de recevoir les deux premiers prix du concours international de lutherie dans la catégorie « Talents de demain ».

Dans cet atelier de l’école, la concentration des élèves se lit sur les visages, accompagnée du bruit caractéristique du bois que l’on lime ou que l’on creuse. Anne-Cécile travaille la table d’un violoncelle. Elle est en troisième et dernière année d’études : « Je suis en train de reprendre la voûte du violoncelle. C’est lui donner la forme que je veux à partir du modèle dont je m’inspire », explique-t-elle.

La fabrication d’un violoncelle demande du temps : « À l’école, on prend l’année. On a une vingtaine d’heures par semaine, 23 heures précisément », indique Anne-Cécile.

Un apprentissage exigeant

« On estime qu’il faut à peu près 10 ans pour former un luthier », souligne Étienne Bellanger, enseignant et luthier. « Le travail à l’école, c’est apprendre la technique et, petit à petit, acquérir une personnalité. Les élèves sont en maturation. On ne peut pas les évaluer vraiment sur la partie ‘sonorité’ de l’instrument. »

Les étudiants ont toutefois été reconnus « Talents de Demain » au concours international de lutherie en janvier, grâce à deux altos qu’ils ont conçus. « Pour nous, c’est une reconnaissance. Cela valide le travail qui est fait à l’école », se réjouit Étienne Bellanger.

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Cette distinction constitue également un argument de plus auprès de l’Éducation nationale, comme l’explique la directrice, Valérie Beausert-Leick: « Chaque année, on doit négocier un petit peu les moyens de travailler. Cela témoigne de la nécessité absolue de maintenir 70 heures d’atelier par semaine pour les trois cohortes. On ne peut pas aller en deçà. » L’établissement a par ailleurs été sollicité par deux autres écoles de lutherie à l’étranger pour construire des partenariats, signe du rayonnement de cette formation d’excellence.

Lucie Dupressoir

 

 

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