Haendel censuré à Cambridge en raison de la guerre au Proche-Orient

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L’opéra de l’université de Cambridge a annoncé l’annulation de la représentation de Saül, l’oratorio de Georg Friedrich Haendel qui devait être donné fin octobre, en raison de parallèles « frappants » avec la crise actuelle au Proche-Orient. Une décision qui fait polémique au sein de la prestigieuse université.

Les 26 et 28 octobre, la société d’opéra de l’université de Cambridge (CUOS), gérée par des étudiants en musique encadrés par des universitaires, avait programmé 2 représentations de Saül, un oratorio de Georg Friedrich Haendel, dans la chapelle du Collège Emmanuel.

Mais à quelques jours des représentations, Beth Norman, la présidente de la CUOS, a annoncé leur annulation en raison de la « situation politique sensible actuelle au Proche-Orient et de l’escalade malheureuse de la crise humanitaire à Gaza et en Israël » et de parallèles « frappants » que suggère l’œuvre du grand compositeur allemand.

« Un exemple plutôt extrême de cancel culture »

L’oratorio, composé en 1739 par Haendel, raconte la fin de la vie de Saül, premier roi d’Israël, et l’ascension de son successeur, David. La pièce lyrique débute par la célébration de la victoire du futur roi d’Israël contre Goliath et les Philistins. Les Philistins qui, selon certaines études, composaient la majorité de la population qui vivait il y a 3000 ans dans la bande de Gaza. La Palestine serait donc le pays des Philistins.

Une thèse contestée, notamment par David Albulafia, historien au Collège Gonville et Caius (un des 31 collèges de l’université de Cambridge), qui a déclaré au Telegraph que les Philistins étaient plus probablement des Grecs mycéniens qui ont peu de rapport avec les Palestiniens arabophones actuels.

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Sur le plan purement culturel, Robert Tombs, professeur émérite d’histoire au St John’s College de Cambridge, se dit « triste et halluciné » par cette décision. Pour cet historien « Annuler une œuvre du XVIIIe siècle basée sur la Bible semble un exemple plutôt extrême de cancel culture, pour ne pas dire plus ! ».

Philippe Gault

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