En 1948, aux Jeux Olympiques de Londres, Micheline Ostermeyer avait créé la sensation en obtenant 2 médailles d’or (disque et poids) et une médaille de bronze (saut en hauteur). Une immense championne française qui était également pianiste de concert émérite et professeure de musique.
En 1948, le bilan de la délégation française aux Jeux Olympiques était loin du record qu’elle atteindra cette année à Paris. À peine 29 médailles obtenues à Londres dont seulement 10 en or. Mais parmi ces 10 titres olympiques, on a surtout retenu les deux seuls remportés en athlétisme par Micheline Ostermeyer aux lancers du poids et du disque, sans compter la médaille de bronze qu’elle obtint au saut en hauteur. Une première pour une athlète française, bien avant Marie-José Pérec, seule autre athlète française triplement médaillée aux Jeux Olympiques.
Malgré ce programme sportif intense cet été là, Micheline Ostermeyer avait néanmoins trouvé le temps, une semaine après son titre olympique au lancer du disque et le soir même de sa consécration au poids, de donner le 5 août 1948 un concert public consacré à des œuvres de Beethoven dans la salle du Royal Albert Hall de Londres en présence de la délégation française. C’était deux jours avant sa médaille de bronze au saut en hauteur.
Premier prix de piano au conservatoire de Paris en 1946
Une consécration sportive pour cette native du Pas-de-Calais, nièce du compositeur Luciano Paroche et fille d’une professeure de piano, un instrument qu’elle commença à pratiquer à l’âge de 4 ans. Après une jeunesse passée en Tunisie où elle se découvre une autre passion pour le sport et l’athlétisme en particulier, et donne ses premiers concerts à l’âge de 12 ans, Micheline Ostermeyer, de retour en métropole, intègre le conservatoire de musique de Paris où elle obtint un premier Prix de piano en 1946, deux jours avant de conquérir un titre de championne de France du lancer du poids.
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Malgré ses dons indéniables pour la pratique sportive (également 3 fois médaillée aux Championnats d’Europe, 12 fois championne de France et 15 records de France), Micheline Ostermeyer s’est toujours définie comme une musicienne avant tout. Elle refusait même tout exercice de musculation pour ne pas abîmer ses mains de pianiste. « Je ne soulevais pas de poids ni d’haltères », racontait-elle « Mais je jouais au piano cinq ou six heures par jour, donnant un maximum d’intensité musculaire à mes doigts, mes bras, mes épaules ».
Après l’arrêt de sa carrière sportive en 1950, Micheline Ostermeyer s’impliqua totalement dans sa carrière de pianiste concertiste puis, après la naissance de ses deux enfants, dans l’enseignement de la musique au conservatoire de Lorient (56) et à celui de Saint-Germain-en-Laye (78), jusqu’à sa mort en octobre 2001.
Philippe Gault
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