Pour avoir dirigé la semaine dernière l’Orchestre national des enfants du Venezuela lors de 2 concerts aux Etats-Unis, le chef d’orchestre Gustavo Dudamel est accusé de soutenir le régime vénézuélien alors que la réélection, pour un 3e mandat, de Nicolás Maduro à la présidence du pays est très contestée.
Le 29 juillet, Nicolás Maduro a été réélu président du Venezuela pour un 3e mandat de 6 ans avec une très courte majorité (51,95% des voix). Un scrutin et un résultat fortement contestés par l’opposition dans son pays. Contestation qui a provoqué de nombreuses manifestations qui auraient déjà fait une vingtaine de morts. Une élection qui a également soulevé les réserves de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis qui ont reconnu la victoire de l’opposition.
C’est dans ce contexte diplomatique très complexe que Gustavo Dudamel se retrouve accusé de soutenir implicitement le régime du président Maduro. La semaine dernière, l’ancien directeur musical de l’Opéra de Paris a, en effet dirigé, à Los Angeles puis au Carnegie Hall de New York, l’Orchestre national des enfants du Venezuela Simón Bolívar, une entité issue du célèbre programme d’éducation musicale El Sistema, soutenu et financé par le régime de Caracas.
En 2017, Nicolás Maduro avait accusé Gustavo Dudamel de jouer contre son camp
La principale critique émise à l’encontre du maestro vénézuélien, lui-même issu d’El Sistema, provient de l’organisation caritative HRF (Human Rights Foundation) qui dénonce, dans un message sur X “Gustavo Dudamel pour sa propagande éhontée et son soutien au dictateur vénézuélien“. Avant le concert de New York, une camionnette, affrétée par HRF et sur laquelle étaient affichés plusieurs messages, a sillonné la ville.
Quelques jours plus tôt, la pianiste vénézuélienne exilée Gabriela Montero avait, dans une lettre ouverte, demandé à ses “collègues musiciens“ de l’aider à protester contre “l’injustice massive qui vise à empêcher notre industrie de la musique classique de blanchir et de profiter de la misère abjecte et persistante de mon pays“.
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Le paradoxe de cette situation, dont le futur directeur musical du NY Phil, subit aujourd’hui les conséquences, est qu’il y a 7 ans, alors que le Venezuela traversait une grave crise politique, le chef d’orchestre était devenu une des figures des manifestations antigouvernementales après qu’il eut demandé publiquement au président vénézuélien “d’écouter son peuple“ et réclamé la fin des violences. Nicolás Maduro l’avait alors sévèrement pris à partie lui reprochant d’attaquer “les architectes de ce beau mouvement de jeunes filles et jeunes garçons“, en référence à El Sistema.
Philippe Gault</strong
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